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BAR-TH-143 : la prime CEE du système solaire combiné

Critères, montants, bonification du 1er septembre 2026 et contrôles de la fiche CEE BAR-TH-143 pour le système solaire combiné, côté installateur.

L'essentiel en bref

  • La fiche BAR-TH-143 ouvre 134 800 kWh cumac en zone H1, 121 000 en H2 et 100 500 en H3, sans coefficient de surface (fiche BAR-TH-143 vA79-6, 2026).
  • Depuis le 1er septembre 2026, un arrêté du 17 août 2026 porte la bonification à x4, et x5 pour les ménages modestes (FFB, 2026).
  • Cette bonification ne vaut que pour les opérations engagées avant le 1er janvier 2027.
  • Elle tombe dès qu'un équipement pouvant utiliser un combustible fossile est installé ou conservé, ce qui écarte l'appoint gaz, la configuration la plus répandue sur un système solaire combiné.
  • Le marché a reculé de 38,4 % en 2025, à 13 000 m² de capteurs (Uniclima, 2026).

Que couvre exactement la fiche BAR-TH-143 ?

Un seul geste, dans un seul type de logement. Cette fiche vise la mise en place d'un système solaire combiné pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire (fiche BAR-TH-143 vA79-6, 2026). Elle ne couvre que les maisons individuelles existantes de France métropolitaine.

Deux conditions d'accès valent pour le bénéficiaire. Premièrement, le logement doit exister depuis plus de deux ans à la date d'engagement. Deuxièmement, aucun plafond de ressources ne s'applique, et propriétaires comme locataires sont éligibles (France Rénov', 2026).

En vigueur depuis le 1er janvier 2026, la version A79-6 couvre les opérations engagées jusqu'au 31 décembre 2030. Notez le code de version sur chaque dossier : plusieurs grilles de montants circulent encore en ligne.

Durée de vie conventionnelle retenue : 20 ans. Ce chiffre dépasse de trois ans celui de la pompe à chaleur air/eau, détaillé dans notre article sur la BAR-TH-171.

Quels critères techniques la fiche impose-t-elle ?

Six critères, et ils portent tous sur le matériel. La productivité des capteurs doit atteindre au moins 600 W/m² de surface d'entrée (fiche BAR-TH-143 vA79-6, 2026). Elle se calcule à partir du rendement optique à ΔT nul, multiplié par un rayonnement de 1 000 W/m².

  • Surface hors tout des capteurs supérieure ou égale à 8 m².
  • Capacité de stockage solaire strictement supérieure à 400 litres, un ou plusieurs ballons confondus.
  • Certification CSTBat ou Solar Keymark des capteurs, ou caractéristiques équivalentes établies selon les normes EN 12975-1 et NF EN ISO 9806 par un organisme accrédité dans l'Espace économique européen.
  • Couplage à des émetteurs basse température : planchers, plafonds ou murs chauffants, ou radiateurs dimensionnés à un DTnom inférieur ou égal à 40 K selon la norme EN 442.
  • Exclusion des capteurs hybrides produisant à la fois de la chaleur et de l'électricité.

Cette dernière ligne mérite votre attention commerciale. Produisant chaleur et électricité, un capteur hybride relève d'une autre fiche, la BAR-TH-162, que l'arrêté du 17 août 2026 bonifie séparément (FFB, 2026). Proposer un hybride sous le nom d'un système solaire combiné rend le dossier irrecevable.

Que changent les seuils de 400 litres et de 8 m² ?

Ces deux seuils décident du produit avant le devis. À 400 litres exactement, un ballon ne passe pas, puisque la fiche exige une capacité strictement supérieure. Huit mètres carrés hors tout représentent quatre capteurs plans, ce qui suppose un pan de toiture disponible et correctement orienté.

Cette combinaison pèse aussi sur le local technique. Comptez de la hauteur sous plafond et un accès pour un ballon de 500 litres, contrainte qui ne se découvre pas au déchargement. Intégrez-la à la visite préalable, au même titre que le bilan thermique.

Troisième effet, moins visible : ces seuils écartent de fait les petites maisons. À 70 m² habitables, un stockage de plus de 400 litres surdimensionne souvent le besoin d'eau chaude. Or la prime, elle, ne varie pas avec la surface.

Combien vaut la fiche en kWh cumac ?

Entre 100 500 et 134 800 kWh cumac, selon la seule zone climatique (fiche BAR-TH-143 vA79-6, 2026). Aucun coefficient de surface habitable n'intervient, ce qui distingue cette fiche de la plupart des opérations de chauffage résidentiel.

Zone climatiqueMontant de baseÉcart avec la zone H3
H1134 800 kWh cumac+34 %
H2121 000 kWh cumac+20 %
H3100 500 kWh cumacréférence

Comparez avec les fiches voisines pour mesurer l'écart de conception. Côté pompe à chaleur, la BAR-TH-171 applique des coefficients de surface de 0,5 à 1, en plus des coefficients de zone. La BAR-TH-129 multiplie son montant par 5,3 entre la plus petite et la plus grande surface.

Ici, un pavillon de 80 m² et une maison de 200 m² ouvrent les mêmes droits dans la même zone. Seule la géographie compte.

Pourquoi la surface du logement ne change-t-elle rien ?

Parce que la fiche raisonne en production solaire, pas en déperditions. Produisant selon l'ensoleillement et la surface installée, un champ de capteurs ignore le volume à chauffer. D'où un forfait calé sur la zone, qui approxime le gisement solaire.

Cette logique a une conséquence commerciale directe. Sur une grande maison, la prime couvre une part plus faible du coût total. Sur un petit pavillon en zone H1, elle peut financer une fraction importante du chantier.

Le raisonnement inverse vaut pour les fiches pompe à chaleur, comme le montre notre guide du dossier CEE. Arbitrez donc vos cibles commerciales par zone et par taille, pas seulement par type de chauffage remplacé.

Qu'a changé la bonification du 1er septembre 2026 ?

Cette bonification a multiplié la prime par quatre, et par cinq pour les ménages modestes. Publié au Journal officiel le 23 août, l'arrêté du 17 août 2026 bonifie quatre fiches solaires (FFB, 2026). Il modifie aussi celle de la BAR-TH-143.

FicheÉquipementMénages modestesAutres ménages
BAR-TH-143Système solaire combinéx5x4
BAR-TH-101Chauffe-eau solaire individuelx5x4
BAR-TH-168Dispositif solaire thermiquex5x4
BAR-TH-162Système photovoltaïque et thermique à circulation d'eaux5x4
BAR-TH-148Chauffe-eau thermodynamique à accumulationx7x4

Deux restrictions accompagnent le coefficient sur cette fiche. Réservée à la résidence principale, la bonification ne s'applique qu'en France métropolitaine (projet d'arrêté, ministère de la Transition écologique, 2026).

Le texte de référence est l'arrêté du 17 août 2026, que Legifrance refuse de servir aux requêtes automatisées. Nous l'avons donc vérifié sur le projet mis en consultation publique par le ministère, puis sur la note de la FFB. Nous le signalons plutôt que de prétendre l'avoir lu au Journal officiel.

Quelle condition écarte la plupart des chantiers ?

La décarbonation complète. Chaque bonification est conditionnée à l'absence de tout équipement pouvant utiliser des combustibles fossiles après travaux (projet d'arrêté, 2026). Visant le chauffage comme l'eau chaude, la règle tombe dès qu'un appoint gaz subsiste.

Or un système solaire combiné est par construction un système d'appoint partagé. En rénovation, la configuration classique associe les capteurs à une chaudière gaz existante, qui prend le relais l'hiver. Cette architecture reste éligible à la fiche, mais elle perd la bonification.

Brutale et peu dite, la conséquence commerciale tient en une ligne. Pour toucher le coefficient x4, il faut vendre le solaire combiné avec le remplacement de la chaudière. Vendre le solaire combiné à côté ne suffit plus, et le chantier change de taille comme de budget.

Anticipez-le au chiffrage. Mentionnez la dépose de l'ancien générateur sur le devis, comme l'impose déjà l'inventaire des mentions obligatoires du devis.

Que vaut un dossier en euros ?

Environ 4 700 € en zone H1 pour un ménage non modeste. En août 2026, le CEE classique s'échangeait à 8,71 €/MWh cumac en prix moyen pondéré (S2EE, d'après le registre EMMY, 2026). Côté précarité, le CEE atteignait 17,12 €.

ZoneMontant bonifié x4Valeur indicative à 8,71 €/MWh cumac
H1539 200 kWh cumacenviron 4 696 €
H2484 000 kWh cumacenviron 4 216 €
H3402 000 kWh cumacenviron 3 501 €

Pour un ménage modeste en zone H1, le volume monte à 674 000 kWh cumac. Valorisé sur l'indice précarité, il dépasse 11 000 €, soit plus du double du cas précédent.

Traitez ces montants comme des ordres de grandeur. Rares sont les délégataires qui achètent au cours de l'indice, et la prime annoncée au client dépend de leur barème, pas du registre.

Pourquoi la fenêtre se referme au 31 décembre 2026

Parce que le texte le dit lui-même : les bonifications s'appliquent aux opérations engagées avant le 1er janvier 2027 (projet d'arrêté, 2026). Quatre mois séparaient l'entrée en vigueur de cette échéance, et il en reste moins de trois.

Rappelez-vous ce que signifie « engagée » dans ce dispositif. C'est la date d'acceptation du devis par le bénéficiaire, après que l'offre du délégataire a été acceptée, séquence que détaille notre guide du dossier CEE.

Un devis signé le 2 janvier 2027 ne portera donc pas le coefficient, même si le chantier a été étudié en novembre. Faites passer l'information à vos commerciaux dès maintenant.

MaPrimeRénov' ne finance plus le solaire thermique

Au même 1er septembre 2026, le solaire thermique est sorti du parcours par geste de MaPrimeRénov'. En cause, le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 et trois arrêtés du même jour (Batirama, 2026). Ils retirent le solaire pour le chauffage, le solaire pour l'eau chaude et les capteurs hybrides.

Ventilation, isolation et chauffe-eau thermodynamiques sortent par la même porte. Les équipements concernés restent éligibles à l'éco-prêt à taux zéro, qui est un prêt et non une subvention.

Lue avec la bonification, la séquence devient claire : l'aide au solaire combiné a changé de guichet plutôt que disparu. Elle a aussi changé de durée, puisque le nouveau guichet ferme en fin d'année.

Expliquez ce basculement à vos clients avant qu'ils ne le découvrent sur un simulateur. Beaucoup de pages en ligne affichent encore l'ancien montage.

Faut-il être Qualisol pour poser un SSC ?

Oui, en pratique. Exigé par la fiche : un signe de qualité répondant à l'article 2 du décret n° 2014-812 (fiche BAR-TH-143 vA79-6, 2026). Les travaux visés sont ceux du 2° du I de son article 1er, et le module Qualit'EnR correspondant est Qualisol Combi.

Cette qualification couvre les systèmes solaires combinés dans l'habitat, et elle englobe le périmètre Qualisol CESI (Qualit'EnR, 2026).

Votre référent technique doit avoir suivi une formation SSC agréée, obtenu au moins 24 sur 30 au QCM et validé une mise en situation. Il doit aussi être référent Qualisol CESI, ou démontrer cette compétence, règle qui allonge le parcours décrit dans notre article sur la formation RGE.

Une qualification se tient à l'année, pas tous les quatre ans. Notre guide de la qualification RGE détaille la revalidation annuelle et le tirage des audits sur les références déclarées.

Avec quelles fiches le cumul est-il exclu ?

Trois, et elles couvrent les alternatives directes. Aucun cumul n'est possible avec la BAR-TH-171, pour la pompe à chaleur air/eau (fiche BAR-TH-143 vA79-6, 2026). Viennent ensuite la BAR-TH-172, pour l'eau/eau et l'eau glycolée/eau, et la BAR-TH-113, pour la chaudière biomasse individuelle.

Autrement dit, le solaire combiné et la pompe à chaleur ne s'additionnent pas sur un même logement. Vous choisissez une voie de décarbonation, et ce choix engage le montant du dossier autant que la technique. Comparez-le aux seuils d'ETAS de la pompe à chaleur.

Côté fiscalité, rien n'interdit en revanche le taux réduit, dont les règles suivent leur propre logique, rappelée dans notre page sur l'attestation de TVA.

Que doit porter la preuve de réalisation ?

Deux mentions au minimum sur la facture : la mise en place d'un système solaire combiné et la productivité des capteurs en W/m² (fiche BAR-TH-143 vA79-6, 2026). À défaut, elle indique la marque et la référence, complétées par un document du fabricant attestant les deux points.

Deux justificatifs s'y ajoutent systématiquement : le certificat CSTBat, Solar Keymark ou équivalent des capteurs, et la décision de qualification du professionnel.

Une attestation sur l'honneur ferme la liste. Elle confirme l'ancienneté du logement, la nature basse température des émetteurs, la productivité et la surface. Suivent la certification, l'absence de capteurs hybrides et la capacité de stockage.

Préparez ces pièces pendant le chantier, pas après : un certificat de capteur introuvable trois semaines plus tard bloque un dossier complet par ailleurs.

Quels contrôles s'appliquent à cette fiche ?

Un contrôle sur site, dont le taux minimal passe de 15 % à 20 % le 1er janvier 2027. Publié au Journal officiel du 29 juillet, l'arrêté du 27 juillet 2026 resserre en parallèle le seuil de non-conformité toléré (Huglo Lepage, 2026). Ce seuil tombe à 14 % en 2026, 12 % en 2027, puis 10 % à partir de 2028.

Au 1er septembre 2026, le référentiel de contrôle de la fiche a lui aussi changé. Une opération devient non conforme si le chantier conduit à conserver un équipement pouvant utiliser un combustible fossile (projet d'arrêté, 2026).

Cette condition est donc vérifiée sur le chantier, et pas seulement déclarée : un appoint gaz laissé en place se voit lors d'une visite.

Un marché qui s'effondre au moment où la prime monte

Reculant de 18,6 % en 2025, le solaire thermique individuel est tombé à 45 600 m² de capteurs (Uniclima, 2026). Un an plus tôt, le marché pesait 56 000 m², et le système solaire combiné encaisse aujourd'hui la plus forte baisse du segment.

Segment2025Variation sur un an
Solaire thermique, total45 600 m²-18,6 %
Chauffe-eau solaire individuel17 000 m²-4 %
Collectif15 600 m²-9,3 %
Système solaire combiné13 000 m²-38,4 %

Ce recul de 38,4 % explique la bonification mieux qu'un communiqué. Une opération dont le volume chute de près de 40 % en un an ne tient plus de filière. Pour corriger la trajectoire, le dispositif CEE reste l'outil le plus rapide.

Pour un installateur, l'arbitrage est ouvert pendant quelques semaines. Jamais la prime n'a été aussi haute, la concurrence sur ce geste reste faible, et la fenêtre se ferme au 31 décembre.

Ce que nous n'avons pas pu vérifier

Quatre points, signalés plutôt que comblés. D'abord, la fiche a été lue sur une copie du texte publié. Sur ecologie.gouv.fr, le PDF du ministère refuse les requêtes automatisées, et Legifrance répond 403.

Ensuite, nous ne publions aucun montant antérieur à la version A79-6, faute d'avoir pu lire les versions précédentes. Troisième point, le nombre d'entreprises titulaires de Qualisol Combi n'est publié nulle part. Chez Qualit'EnR, le rapport d'activité donne un total toutes marques confondues, sans détail par module.

Enfin, le prix du CEE provient d'un opérateur relayant le registre EMMY (S2EE, 2026), la publication ministérielle équivalente étant restée inaccessible ce jour.

Questions fréquentes

Un système solaire combiné avec appoint électrique est-il bonifié ?

Oui, puisque la condition porte sur l'absence d'équipement pouvant utiliser un combustible fossile. Intégré au ballon, un appoint électrique ne déclenche pas l'exclusion, contrairement à une chaudière gaz ou fioul conservée.

La fiche s'applique-t-elle en appartement ?

Non, le secteur d'application se limite aux maisons individuelles existantes de France métropolitaine. En immeuble collectif, d'autres opérations s'appliquent, notamment le solaire thermique collectif, que cette fiche ne couvre pas.

Peut-on cumuler la BAR-TH-143 avec MaPrimeRénov' ?

Plus par le parcours par geste, fermé au solaire thermique depuis le 1er septembre 2026. Reste le parcours accompagné, possible pour une rénovation d'ampleur sous ses propres conditions, dont l'exclusion des systèmes fossiles en maison individuelle.

Quelle zone climatique retenir pour un chantier ?

Celle du département du logement, selon le découpage H1, H2 et H3 utilisé par l'ensemble des fiches CEE résidentielles. L'écart de 34 % entre H1 et H3 justifie de vérifier ce point avant d'annoncer un montant.

Un capteur sans CSTBat ni Solar Keymark peut-il passer ?

Seulement s'il présente des caractéristiques équivalentes, établies selon les normes EN 12975-1 et NF EN ISO 9806 par un organisme accrédité dans l'Espace économique européen. En pratique, exigez le certificat du fabricant avant de commander.

Sources

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