Deux organismes délivrent la mention RGE pour le photovoltaïque, et le choix entre les deux n'est pas neutre. Qualifelec qualifie sous l'indice SPV, Qualit'EnR sous la marque QualiPV. Les droits ouverts sont les mêmes, le chemin pour y arriver ne l'est pas.
Ce guide détaille la grille SPV, les pièces à réunir, le budget d'audit sur un cycle de quatre ans et ce que change la réforme du 23 juin 2026. Il s'adresse aux installateurs solaires qui montent ou renouvellent leur dossier. Pour la partie pompes à chaleur, voyez plutôt notre guide QualiPAC.
L'essentiel en bref
- Qualifelec délivre la mention RGE photovoltaïque sous l'indice SPV, réparti en trois niveaux de puissance, et revendique plus de 1 200 entreprises qualifiées (Qualifelec, 2026).
- L'ADEME recense près de 55 000 entreprises de travaux RGE en France en 2025, tous domaines confondus (ADEME Batizoom, 2026).
- L'arrêté du 23 juin 2026 allège les audits : une entreprise réalisant moins de dix chantiers par an passe à un audit au lieu de trois au maximum (FFB, 2026).
- Votre assurance responsabilité civile et votre garantie décennale doivent mentionner explicitement l'activité solaire photovoltaïque.
- Les formulaires de raccordement d'Enedis citent encore des codes Qualifelec que l'organisme n'utilise plus sous cette forme.
Qu'est-ce que la qualification Qualifelec SPV ?
SPV est l'indice sous lequel Qualifelec qualifie les entreprises pour le solaire photovoltaïque. L'organisme est agréé par l'arrêté du 26 novembre 2024 pour délivrer la mention RGE. Il annonce plus de 1 200 entreprises titulaires de cet indice (Qualifelec, 2026).
Qualifelec vient du monde électrique. Sa logique reste celle d'une entreprise d'électricité qui ajoute le photovoltaïque à son offre. Qualit'EnR, de son côté, a construit QualiPV autour du métier des énergies renouvelables.
La qualification est attribuée pour quatre ans. Chaque année, vous mettez à jour votre dossier administratif et réglez la cotisation pour obtenir le certificat annuel. Un indice probatoire de deux ans existe pour les entreprises nouvelles, qui ne peuvent pas encore produire de références de chantiers.
Quels indices SPV correspondent à quelle puissance ?
Trois niveaux découpent l'offre selon la puissance des installations posées : 36 kVA, 250 kVA et au-delà. Un indice de maintenance et une mention Stockage complètent la grille (Qualifelec, 2026). Choisir le mauvais niveau bloque le dossier de votre client au moment du raccordement.
| Indice | Domaine de puissance | Version probatoire |
| SPV1 | Inférieure ou égale à 36 kVA | PSPV1 |
| SPV2 | Supérieure à 36 kVA et inférieure ou égale à 250 kVA | PSPV2 |
| SPV3 | Supérieure à 250 kVA | PSPV3 |
| SPVMA | Maintenance des installations | PSPVMA |
Le résidentiel classique tient dans SPV1. Le tertiaire, les toitures agricoles et les ombrières basculent vite au-dessus de 36 kVA, donc dans SPV2. Prenez la puissance de raccordement, pas la puissance crête du champ, pour placer le curseur.
Une précision utile en phase commerciale. L'indice porte sur la puissance de l'installation, pas sur le nombre de chantiers que vous signez. Une entreprise qualifiée SPV1 qui remporte une toiture agricole de 100 kWc doit ouvrir un dossier SPV2 avant de poser, pas après.
La mention Stockage est distincte. Elle compte de plus en plus. Les attestations de conformité incluant un dispositif de stockage ont bondi de 123,2 % en 2025, à 18 732 dossiers (CONSUEL, 2026).
Qualifelec ou QualiPV : laquelle choisir pour le photovoltaïque ?
Les deux ouvrent les mêmes droits RGE. Qualit'EnR découpe QualiPV en trois modules. QualiPV 36 couvre la partie électrique jusqu'à 36 kVA, QualiPV Bât l'intégration au bâti et la surimposition (Qualit'EnR, 2026). Qualifelec regroupe l'ensemble sous un seul indice par palier de puissance.
La différence pratique tient au découpage. Chez Qualit'EnR, la compétence électrique et la compétence couverture sont deux qualifications séparées, et il vous faut les deux pour couvrir un chantier complet. Chez Qualifelec, la compétence bâti est intégrée au dossier SPV, en interne ou en sous-traitance.
L'exigence de formation diffère aussi. QualiPV impose au référent technique une note minimale de 24 sur 30 au QCM, plus la validation d'une évaluation pratique (Qualit'EnR, 2026). Qualifelec demande une attestation de réussite au contrôle de connaissances, et non une simple attestation de présence en formation.
Le critère de choix est simple. Si votre entreprise est déjà qualifiée Qualifelec pour l'électricité générale, ajouter SPV évite d'ouvrir un second dossier chez un autre organisme. Si vous venez du monde de la couverture ou du chauffage, QualiPV sera souvent le chemin le plus court.
Que faut-il réunir pour obtenir la mention RGE ?
Trois compétences doivent être démontrées : électricité, photovoltaïque, et capacité à juger la tenue de la charpente sous la charge des modules (Qualifelec, 2026). La compétence bâti peut être interne ou sous-traitée, mais elle doit être tracée dans le dossier.
La compétence électrique se justifie par un diplôme ou par une expérience professionnelle documentée dans le CV du référent. La compétence photovoltaïque passe par une formation qualifiante spécifique, sanctionnée par un contrôle de connaissances réussi.
Le point qui recale le plus de dossiers est ailleurs. Votre attestation de responsabilité civile et votre garantie décennale doivent mentionner explicitement l'activité solaire photovoltaïque. Une attestation « travaux d'électricité » sans cette ligne ne suffit pas, et l'assureur pour la garantie décennale met parfois plusieurs semaines à produire l'avenant.
Un mot sur la compétence bâti, parce qu'elle est mal comprise. Il ne s'agit pas de savoir poser une tuile. Il s'agit de savoir si la charpente encaisse la surcharge des modules et de leur système de fixation, et de le tracer. Une note de calcul ou l'avis d'un bureau d'études suffit, à condition qu'elle soit au dossier.
S'y ajoutent les pièces administratives habituelles : chiffre d'affaires, effectif, et preuve de possession du matériel nécessaire. Anticipez l'avenant d'assurance dès que vous décidez d'ouvrir le dossier, pas au moment de le déposer. Le même réflexe vaut pour les mentions obligatoires de vos devis, qui doivent déjà porter la référence de votre qualification.
Combien coûte une qualification RGE photovoltaïque ?
Qualifelec ne publie pas de grille fixe et renvoie vers un calculateur, le montant dépendant de votre effectif et de votre chiffre d'affaires. Chez Qualit'EnR, les frais d'instruction s'élèvent à 83 € HT par an et par marque. La deuxième qualification d'une même marque est gratuite dans l'année civile (Qualit'EnR, 2026).
Le vrai poste budgétaire est l'audit, pas l'instruction. Comptez 273 € HT pour le premier audit QualiPV 36, puis 233 € HT pour les suivants. Un audit QualiPV 500 est facturé à 700 € HT. Sur cette somme, 427 € vous sont remboursés si l'installation contrôlée fait moins de 36 kWc (Qualit'EnR, 2026).
Chez Qualifelec, les audits sont facturés après réalisation, et leur nombre dépend du volume de chantiers déclaré. Raisonnez donc en budget d'audit sur un cycle de quatre ans, pas en coût d'entrée. Le délai moyen d'instruction annoncé par Qualit'EnR est d'un mois, avec clôture du dossier au bout de six mois s'il reste incomplet.
Ce que la réforme du 23 juin 2026 change pour vos audits
L'arrêté du 23 juin 2026 modifie l'arrêté du 1er décembre 2015 fixant les critères de qualification RGE. Ses dispositions entrent en vigueur en deux temps. Le référentiel et les audits basculent le 23 juillet 2026, le reste le 1er mars 2027 (FFB, 2026).
Le changement le plus concret concerne le volume. Une entreprise réalisant moins de dix chantiers par an est désormais classée non critique. Elle ne subit qu'un audit, au lieu de trois au maximum. La logique passe d'un nombre forfaitaire à une proportionnalité fondée sur l'activité réelle.
Le second volet ouvre une voie par la validation des acquis. À partir du 1er mars 2027, trois audits conformes permettent d'accéder à la qualification isolation sans passer par une formation FEEBAT. La formation reste obligatoire dans le domaine des énergies renouvelables, donc pour le photovoltaïque.
Deux autres mesures méritent votre attention. La qualification chantier par chantier est pérennisée, et un audit de réalisation remplace la signalétique RGE. Enfin, vos devis et contrats devront indiquer que le client peut être contacté dans le cadre d'un contrôle de réalisation.
Attention à la source. Le texte n'est consultable intégralement que sur Légifrance, qui refuse les consultations automatisées. Les dates et le contenu repris ici proviennent de la note de la FFB, et méritent une vérification directe avant toute décision engageante.
Comment se déroule un audit de chantier ?
L'audit porte sur une installation réellement posée, choisie parmi vos chantiers déclarés. Plus votre volume est élevé, plus le nombre de chantiers audités est représentatif (Qualifelec, 2026). Un constat de non-conformité déclenche un audit plus tôt dans le cycle suivant.
Les points regardés recoupent largement ceux du contrôle du CONSUEL. Or le classement 2025 des causes de non-conformité est sans ambiguïté. La signalisation, c'est-à-dire l'étiquetage, arrive en tête à 34,3 %. Suivent le mode de pose des canalisations à 18,8 % et le dossier technique incohérent à 11,6 % (CONSUEL, 2026).
Cette hiérarchie a une conséquence directe sur votre préparation. Un audit se perd sur des points documentaires, rarement sur la technique. Le plan de repérage, les étiquettes de coupure et la concordance entre le calepinage déposé et la pose réelle valent donc plus qu'une relecture des calculs.
Autrement dit, ce qui recale les installations n'est presque jamais un problème de dimensionnement. C'est une étiquette manquante ou un dossier qui ne correspond pas à ce qui est posé sur le toit. Nous voyons la même hiérarchie remonter dans les retours d'installateurs sur la préparation du dossier CONSUEL.
Préparez donc l'audit comme une visite de conformité. Trois points suffisent la plupart du temps : étiquetage complet, schéma à jour, cohérence stricte entre le schéma unifilaire et le matériel posé.
Le piège des anciens codes Qualifelec dans les formulaires Enedis
Voici un détail que presque aucune page ne relève. Dans sa page de raccordement des installations de production, Enedis n'accepte pour Qualifelec que trois certificats sous 36 kVA. Ce sont « 5911 », « 5912 » et « 5913 » (Enedis, 2026).
Or Qualifelec communique aujourd'hui sur les indices SPV1, SPV2 et SPV3. Un installateur qui saisit « SPV1 » dans un formulaire attendant « 5911 » se retrouve avec un dossier en attente, sans comprendre pourquoi.
La même page cite pour Qualibat les indices « PSPV1 » et « SPV1 », ce qui ajoute à la confusion puisque Qualifelec utilise la même nomenclature. Le constat n'est pas nouveau : les référentiels des organismes évoluent plus vite que les formulaires des gestionnaires de réseau.
En pratique, joignez votre certificat annuel en pièce jointe et reprenez mot pour mot la référence qui figure dessus. Si un guichet refuse le libellé, appuyez-vous sur le certificat plutôt que sur le nom commercial de l'indice.
Un mot sur le vocabulaire, parce qu'il compte au guichet. Qualifelec parle d'indices, Qualit'EnR de modules, Qualibat d'identifiants. Les trois désignent la même chose : le périmètre technique couvert par votre certificat. Reprenez toujours le terme employé par l'organisme qui vous a qualifié.
Comment préparer votre dossier sans perdre trois mois ?
Le délai d'instruction annoncé est d'un mois, mais il court à partir du dossier complet, pas du dépôt (Qualit'EnR, 2026). Les six mois au bout desquels un dossier incomplet est clos ne sont pas une marge de confort : c'est une date de péremption.
Trois pièces expliquent la majorité des retards. L'avenant d'assurance mentionnant le photovoltaïque, l'attestation de réussite au contrôle de connaissances du référent, et les références de chantiers avec leurs coordonnées client exploitables.
Traitez-les dans cet ordre, en parallèle et non en série. L'avenant d'assurance est le plus long parce qu'il ne dépend pas de vous. La formation du référent se planifie sur un calendrier de sessions. Les références de chantiers, elles, sortent de votre suivi de projets si celui-ci est tenu à jour.
Un dernier point de calendrier. Si vous posez en autoconsommation totale, vérifiez en parallèle votre maîtrise de la convention CACSI d'Enedis. La qualification ouvre le droit aux aides. C'est la procédure de raccordement qui conditionne la mise en service.
Questions fréquentes
Qualifelec SPV donne-t-elle accès à MaPrimeRénov' et aux CEE ?
Oui. La mention RGE portée par l'indice SPV ouvre les mêmes droits que QualiPV pour les dispositifs d'aide conditionnés au RGE. Votre entreprise est automatiquement listée dans l'annuaire France Rénov' dès la qualification obtenue (Qualifelec, 2026). Le détail des dispositifs évolue chaque année : notre point sur les aides photovoltaïques 2026 fait le tri.
Peut-on cumuler Qualifelec SPV et QualiPV ?
Rien ne l'interdit, mais cela double les frais d'instruction et les audits sans ouvrir de droits supplémentaires. Le cumul ne se justifie que si un donneur d'ordre impose nommément l'un des deux organismes dans son cahier des charges.
Combien de temps dure l'indice probatoire ?
Deux ans. Il s'adresse aux entreprises qui ne peuvent pas encore fournir de références de chantiers, typiquement les créations récentes. À son terme, vous basculez sur l'indice standard de quatre ans si les audits sont conformes.
La réforme de 2026 supprime-t-elle les audits ?
Non. Elle en réduit le nombre pour les faibles volumes : un audit au lieu de trois au maximum en dessous de dix chantiers par an. Elle les déclenche aussi plus tôt en cas de non-conformité (FFB, 2026). Le contrôle devient proportionnel, pas facultatif.
Faut-il une qualification différente pour le stockage ?
Oui, une mention Stockage distincte existe chez Qualifelec. Elle devient difficile à ignorer. La part des attestations de conformité comportant un dispositif de stockage est passée de 3,3 % à 9,3 % en un an (CONSUEL, 2026). Le choix des technologies se prépare en amont, comme le détaille notre comparatif des batteries solaires.
Que se passe-t-il si un audit est non conforme ?
L'écart doit être levé dans le délai fixé par l'organisme, et un nouvel audit est déclenché plus tôt dans le cycle. La qualification est menacée en cas de manquement répété, ce qui entraîne la perte du droit aux aides pour vos clients.





