PVsyst est la référence de la simulation photovoltaïque, et personne ne conteste sérieusement la qualité de ses modèles. La vraie question tient ailleurs. Quelle part de votre activité justifie une licence annuelle, et où cet outil cesse-t-il de vous faire gagner du temps ?
L'essentiel en bref
- Comptez 700 CHF par an pour la licence professionnelle PVsyst 8, avec des remises de 5 à 20 % dès deux postes.
- En France, 0,3 % des raccordements portent 28 % de la puissance nouvelle : PVsyst est taillé pour cette fraction (SDES, 2026).
- Le P90 se calcule à 1,28 écart-type sous la moyenne, mais aucune valeur par défaut n'est publiée pour la plupart des incertitudes.
- Son modèle bifacial ignore tout objet d'ombrage de la scène 3D et ne traite pas les systèmes est-ouest à inclinaison fixe.
- Sortie le 15 avril 2026, la version 8.1 apporte le pas infra-horaire, décisif pour un taux d'autoconsommation.
À quoi sert PVsyst pour un installateur français ?
PVsyst calcule le productible d'un système à partir d'un modèle horaire de rayonnement, de température et de pertes. Sa version 8.0 est sortie le 7 novembre 2024, la 8.1.6 le 14 septembre 2026 (PVsyst, 2026). Il ne produit ni devis chiffré, ni dossier administratif.
Le marché français rend ce périmètre très lisible. Au 30 juin 2026, le parc français atteint 34 GW. Sur le seul premier semestre, 3 GW ont été raccordés, contre 2,9 GW un an plus tôt (SDES, 2026).
Sur ces nouveaux raccordements, les installations de plus de 500 kW pèsent 28 % de la puissance et 0,3 % du nombre de dossiers. Celles de moins de 9 kW représentent à l'inverse 78 % des raccordements et 8 % de la puissance (pv magazine France, 2026).
Autrement dit, PVsyst est bâti pour 0,3 % des chantiers français. C'est exactement là qu'il devient irremplaçable. Ailleurs, il coûte plus de temps qu'il n'en fait gagner.
Ce que vous achetez tient en trois briques. Un moteur de simulation horaire, des bases de données de modules et d'onduleurs tenues à jour, et une scène 3D qui calcule l'ombrage proche et son effet électrique.
Rien dans cette liste ne relève du commerce ou de l'administratif. Tout y relève de la physique du système, et c'est précisément ce qui fait la valeur du rapport devant un tiers.
Combien coûte une licence PVsyst en 2026 ?
Comptez 700 CHF par an pour la licence professionnelle PVsyst 8. Elle donne accès à l'ensemble des fonctions, aux mises à jour et à PVsyst 7 (PVsyst, 2026). Les remises de volume démarrent dès le deuxième poste.
| Licence | Tarif annuel | Ce qu'elle comprend |
| PVsyst 8 Professional | 700 CHF | Toutes fonctions, mises à jour, accès à PVsyst 7. Remise de 5 % de 2 à 4 postes, 15 % de 5 à 9, 20 % au-delà |
| PVsyst 8 Training / Research | 560 CHF | Toutes fonctions avec filigrane, justificatif de programme exigé |
| PVsyst 8 Education | 420 CHF | Toutes fonctions avec filigrane, postes enseignants uniquement |
| PVsyst 8 Student ou Classroom | 25 CHF | Filigrane et noms de fabricants génériques |
| PVsystCLI Professional | 3 000 CHF | Interface en ligne de commande, installation serveur, accès distant |
Avant d'écarter la ligne CLI, regardez ce qu'elle vise. À 3 000 CHF par an, elle sert l'automatisation et l'intégration dans une chaîne logicielle, pas l'étude à l'unité.
Tous ces tarifs sont libellés en francs suisses sur la boutique de l'éditeur. Un abonnement souscrit depuis la France subit donc un risque de change, que votre prix de vente d'étude devrait absorber.
Rapporté au coût complet d'une étude, le poste de licence pèse peu. Une étude vendue quelques centaines d'euros amortit l'abonnement annuel en deux à trois dossiers, à condition d'en produire régulièrement.
Quelle précision attendre d'une simulation PVsyst ?
À elle seule, la variabilité interannuelle du gisement solaire pèse 3 à 4 % en valeur efficace. PVsyst la traite comme la contribution dominante à l'incertitude (PVsyst, 2026). Aucun réglage de modèle ne fait disparaître cette part, qui tient à la météo et non au logiciel.
Deux nombres sont régulièrement confondus. L'écart entre deux logiciels sur un même cas d'étude reste modeste. L'écart entre une simulation et la production mesurée intègre en plus la météo de l'année, l'empoussièrement, les pannes et la dérive du parc.
PVsyst additionne les sources d'incertitude en quadrature, c'est-à-dire par la racine de la somme des carrés. Une incertitude de 4 % sur la météo et de 3 % sur le modèle ne donne donc pas 7 %, mais 5 %. Même piège arithmétique que dans le calcul de production photovoltaïque.
Cette propriété a une conséquence commerciale utile. Réduire une incertitude déjà petite ne change presque rien au total, alors que traiter la plus grosse déplace vraiment le résultat.
Comment PVsyst construit-il le P50 et le P90 ?
Les productibles annuels sont supposés suivre une loi normale centrée sur le résultat de simulation. Le P90 se situe alors à 1,28 écart-type sous la moyenne (PVsyst, 2026). Quant au P50, il est la médiane, donc le résultat brut de la simulation.
La variabilité météo est reprise automatiquement des fichiers Meteonorm 7.2 et suivants, ou d'un fichier TMY quand il en fournit une. À défaut, PVsyst applique son propre modèle interne.
Vient ensuite la partie que peu de lecteurs de rapport regardent. PVsyst énumère les autres contributions, modèle de module, rendement onduleur, salissure, dégradation. Aucune valeur par défaut n'est publiée pour elles.
Un P90 vaut donc exactement ce que valent les pourcentages saisis à la main par l'auteur du rapport. Deux études du même site peuvent afficher des P90 très différents sans qu'aucune soit fausse.
Comment vérifier un rapport PVsyst reçu d'un tiers ?
Quand un développeur ou un financeur vous transmet une étude, quatre pages suffisent à juger sa solidité. Ouvrez-les dans cet ordre, avant même de regarder la courbe de production mensuelle.
- La source météo et sa version, puisque la variabilité interannuelle domine l'incertitude.
- L'onglet des incertitudes, pour voir quels pourcentages ont produit le P90 affiché.
- Le bilan des pertes, où la ligne d'ombrage proche doit correspondre à la scène 3D réelle.
- La définition des orientations, seul endroit où se repère un est-ouest à inclinaison fixe.
Un rapport qui n'affiche aucun tableau d'incertitudes n'est pas faux pour autant. Il ne dit simplement rien sur le risque. Cela suffit à le rendre inutilisable dans un plan de financement adossé à un calcul de rentabilité.
Ce que PVsyst ne modélise pas
La documentation de l'éditeur est franche sur les limites du modèle bifacial, et ces limites vont plus loin qu'on ne le suppose. Aucun objet d'ombrage de la scène 3D n'entre dans le calcul de l'éclairement en face arrière, ni aucune table orientée différemment (PVsyst, 2026).
Plus net encore : les systèmes est-ouest à inclinaison fixe ne peuvent pas être modélisés par les modèles d'éclairement arrière disponibles. Cette configuration est pourtant devenue banale sur les toitures plates françaises, et elle revient dans tout projet de modules bifaciaux.
Trois seuils géométriques s'ajoutent à ces limites. L'écart quadratique moyen entre entraxes voisins doit rester sous 0,40 m. Les hauteurs de tables ne doivent pas différer de plus de 1 cm ou 1 %. L'inclinaison moyenne d'axe des trackers doit rester sous 2°.
Franchir ces seuils ne bloque pas la simulation. PVsyst avertit seulement que la contribution bifaciale peut souffrir d'imprécisions, parce que le modèle travaille sur des valeurs moyennes idéalisées. Cet avertissement passe vite à l'écran et ne figure pas dans le rapport final.
Faut-il PVsyst pour répondre à un appel d'offres CRE ?
Aucun logiciel n'est nommé dans le cahier des charges de l'appel d'offres PPE2 bâtiment. Le texte définit le productible annuel en MWh/an et le facteur de charge en kWh/kWc, ou en heures équivalent pleine puissance (CRE, 2026). L'éligibilité commence au-dessus de 500 kWc strictement.
Aucune obligation réglementaire ne vous impose donc cet outil. Ce sont les financeurs et les assureurs de production qui l'imposent en pratique. Ils savent lire ses rapports et comparer les hypothèses d'un dossier à l'autre.
Sur ce segment, la file d'attente française compte 35,9 GW de projets. Parmi eux, 8,4 GW sont déjà couverts par une convention de raccordement signée (pv magazine France, 2026). La concurrence documentaire y est bien réelle.
Le cahier des charges impose en revanche de déclarer un facteur de charge. Une valeur optimiste se retourne contre vous à l'exploitation, puisque l'écart se mesure ensuite sur les productions réelles.
Qu'apporte la version 8.1 aux projets en autoconsommation ?
Publiée le 15 avril 2026, la version 8.1.0 introduit la simulation au pas infra-horaire pour les systèmes raccordés et autonomes, ainsi qu'un modèle thermique transitoire (PVsyst, 2026). Les fichiers météo descendent désormais au pas de 15 et de 5 minutes.
Ce changement compte doublement en France depuis la réforme S21. Quand le surplus ne se vend presque plus, la valeur d'un projet tient au taux d'autoconsommation. Or un pas horaire lisse justement les pointes qui décident de ce taux.
L'effet se voit surtout sur les projets avec stockage, où une pointe de dix minutes détermine le dimensionnement d'une batterie.
Sa version 8.0 avait déjà levé la limite du nombre d'orientations et autorisé le mélange de trackers et de plans fixes dans une même simulation. Le bifacial y est également admis sur plusieurs orientations.
PVsyst, AutoCalSol ou PVGIS : lequel pour quel projet ?
Chacun de ces trois outils occupe une place distincte, et les confondre coûte soit du temps, soit de la crédibilité. Un premier rendez-vous client ne réclame pas un rapport de trente pages. Un dossier de financement ne se défend pas avec une capture d'écran gratuite.
| Besoin | Outil adapté | Pourquoi |
| Étude d'opportunité, premier rendez-vous | AutoCalSol | Gratuit et rapide, résultats à consolider ensuite |
| Ordre de grandeur de gisement, comparaison de sites | PVGIS | Base de données du JRC, aucune installation requise |
| Dossier de financement, assurance de production | PVsyst | Rapport reconnu, méthode P50/P90 documentée |
| Ombrage proche complexe, trackers, bifacial | PVsyst | Scène 3D et effet électrique des ombres |
| Devis, calepinage commercial, suivi de chantier | Logiciel métier | PVsyst ne couvre aucun de ces usages |
Son propre éditeur documente la limite du gratuit. L'INES présente AutoCalSol comme un outil d'études d'opportunité dont les résultats doivent être consolidés par des logiciels experts, un point détaillé dans notre revue d'AutoCalSol.
Pour comparer deux sites ou situer un gisement, l'ensoleillement par région répond souvent plus vite qu'une simulation complète.
PVsyst suffit-il à faire tourner une entreprise d'installation ?
Non, et ce n'est pas son objet. PVsyst produit une étude de production, rien de plus. Vous n'y trouverez ni devis chiffré, ni plan de calepinage exploitable en pose, ni dossier de raccordement, ni suivi de chantier.
Sur les 78 % de raccordements de moins de 9 kW, l'étude de production n'est pas le goulot d'étranglement. Le temps part dans le devis, la déclaration préalable, le dossier Consuel et la demande de raccordement (pv magazine France, 2026).
Un plan de pose se construit avec une méthode de calepinage photovoltaïque, pas avec une scène 3D d'ombrage. Ces deux exercices n'ont ni la même finalité, ni les mêmes contraintes réglementaires.
Pour quels installateurs la licence se justifie
Trois profils y trouvent leur compte sans hésitation. Les bureaux d'études qui déposent des dossiers au-dessus de 500 kWc. Les entreprises dont les projets passent devant un financeur. Celles enfin qui traitent régulièrement de l'ombrage proche complexe ou du bifacial en ombrière.
Un quatrième cas se discute davantage. Une entreprise résidentielle qui pose dix à vingt installations par mois paiera 700 CHF pour un outil dont elle utilisera une faible part des fonctions.
La question utile ne porte pas sur le prix de la licence. Elle porte sur les heures que votre équipe passe chaque mois hors production d'études, un diagnostic qui relève plutôt d'un logiciel de planification solaire.
Reste un usage que personne ne discute. Votre méthode de dimensionnement gagne à être vérifiée une fois sur un cas complexe, licence ou pas.
Note de transparence
Les tarifs cités proviennent de la boutique en ligne de l'éditeur et sont donnés en francs suisses, comme sur la page d'origine. Aucune conversion en euros ne figure ici, parce qu'elle dépendrait du taux de change à la date de votre achat.
Aucune comparaison chiffrée de précision entre PVsyst, PVGIS et AutoCalSol n'est publiée dans cet article. Les seules études comparatives françaises retrouvées reposent sur des mesures de 2009 et 2010, trop anciennes pour être présentées comme un écart actuel.
PVsyst ne publie par ailleurs aucune valeur par défaut pour les incertitudes autres que la météo. Aucun pourcentage type n'est donc proposé ici pour le modèle de module, l'onduleur ou la salissure.
Questions fréquentes
PVsyst existe-t-il en version gratuite ?
Non. L'éditeur propose un essai puis des licences payantes à partir de 25 CHF par an pour les étudiants, avec filigrane et noms de fabricants génériques. La licence professionnelle sans restriction est facturée à 700 CHF par an.
PVsyst est-il obligatoire pour un dossier Consuel ou Enedis ?
Non. Ni l'attestation de conformité ni la demande de raccordement Enedis ne réclament d'étude de productible. Ce sont les financeurs et les assureurs de production qui en exigent une.
Le rapport PVsyst garantit-il la production ?
Non. Le P50 est une médiane statistique, pas un engagement contractuel. Le P90 dépend de pourcentages d'incertitude saisis par l'auteur du rapport, que l'éditeur ne fixe pas par défaut.
PVsyst gère-t-il les ombrières et les toitures est-ouest ?
Partiellement. La scène 3D accepte ces géométries, mais le modèle bifacial ne traite pas les systèmes est-ouest à inclinaison fixe. Il ignore aussi les objets d'ombrage en face arrière.
Faut-il passer à la version 8.1 ?
Si vous travaillez sur des projets en autoconsommation, oui. Le pas infra-horaire change le calcul du taux d'autoconsommation, qui décide aujourd'hui de la rentabilité d'un projet français.
Combien de temps faut-il pour prendre PVsyst en main ?
Une première simulation aboutit en une demi-journée. Construire une scène 3D fiable et régler les pertes demande en revanche plusieurs dossiers, et c'est ce temps d'apprentissage qui décide de la rentabilité de la licence.






