L'essentiel en bref
- L'INES qualifie lui-même AutoCalSol d'outil « pour réaliser des études d'opportunité », à consolider par des logiciels experts (INES, 2026).
- La version gratuite verrouille la technologie de module et le ratio de performance, réservés à la licence (INES, 2026).
- L'écart annoncé avec PVsyst ou archelios reste inférieur à 5 % sur un projet standard, pour une incertitude d'environ 10 %.
- Depuis le 5 juin 2026, le surplus est racheté à 1,1 c€/kWh, donc tout se joue sur le taux d'autoconsommation.
Qu'est-ce qu'AutoCalSol et qui le publie ?
AutoCalSol est un logiciel de pré-dimensionnement en ligne édité par l'Institut national de l'énergie solaire. L'INES le présente comme un outil de pré-étude technique et économique pour l'autoconsommation (INES, 2026). Il estime une production, la confronte à une consommation, puis calcule des taux d'autoconsommation et d'autoproduction.
Le positionnement compte, parce qu'il explique presque tout le reste. L'outil vient d'un institut de recherche, pas d'un éditeur commercial. Il a été conçu pour trancher rapidement une question d'opportunité, pas pour porter un engagement contractuel.
Cette origine se lit aussi dans ce qu'il refuse de faire. Aucun module ne pousse une marque, aucun calcul ne flatte un scénario. Les hypothèses sont celles d'un laboratoire public, donc prudentes et génériques. C'est une qualité pour comparer deux projets entre eux, et une limite dès qu'il faut coller à un chantier précis.
Ce statut de référence publique lui donne une autorité réelle auprès de vos clients. Quand un particulier arrive avec une simulation AutoCalSol, il arrive avec un chiffre qu'il considère comme neutre. C'est précisément pour cela qu'il faut savoir ce que ce chiffre contient.
Quelles données de rayonnement AutoCalSol utilise-t-il ?
AutoCalSol s'appuie sur PVGIS, la base de la Commission européenne, et sa FAQ indique utiliser pour la France le jeu satellitaire SARAH-2 à une résolution d'environ 5 km (INES, 2026). Le gisement solaire de votre projet est donc une moyenne de maille, pas une mesure de toiture.
Une précision s'impose ici. PVGIS est passé en version 5.3 en septembre 2024, avec le jeu SARAH-3 et des données prolongées jusqu'en 2023 (Commission européenne, JRC, 2024). La FAQ d'AutoCalSol cite encore SARAH-2.
L'écart entre les deux jeux est faible. Sur seize stations de référence BSRN, le JRC mesure une différence moyenne de 0,13 % et une dispersion en baisse de 0,29 % pour la version 5.3 (JRC, 2024). Ce n'est pas un problème de fiabilité, c'est un décalage de version à connaître.
Ombrage lointain oui, ombrage proche non
AutoCalSol modélise le masque lointain à partir d'un modèle de terrain d'environ 90 m de résolution, et accepte un fichier d'horizon fourni par vous. Il ne peut pas tenir compte d'un arbre, d'une souche de cheminée ou d'un bâtiment voisin, faute de résolution suffisante.
Sur une toiture de maison individuelle, c'est la première source d'écart entre le chiffre simulé et la production constatée. Votre relevé de masque proche reste indispensable, quel que soit l'outil.
Que contient la version gratuite, et que contient la licence ?
La séparation entre les deux offres n'est pas anodine. La technologie de module, le ratio de performance et l'import d'une courbe de charge réelle sont réservés aux utilisateurs sous licence (INES, 2026). La version gratuite reste largement suffisante pour une première approche commerciale.
| Fonction | Version gratuite | Licence |
| Champ photovoltaïque, orientation, puissance | Oui | Oui, jusqu'à 3 champs |
| Masque lointain | Oui | Oui |
| Technologie de module et ratio de performance | Non | Oui |
| Profil de consommation | 6 profils Enedis | Import CSV d'une courbe réelle |
| Batterie et rentabilité | Oui | Oui, avec inflation et dégradation |
| Export horaire des données | Non | Oui |
| Rapport personnalisé à vos couleurs | Non | Oui |
Une licence annuelle autorise jusqu'à 200 études d'opportunité par an, ce qui cadre bien avec le volume d'un installateur régional.
Le ratio de performance verrouillé change tout
En version gratuite, vous obtenez une production annuelle sans voir ni pouvoir modifier le ratio de performance qui l'a produite. La FAQ situe la plage saine entre 80 et 90 % (INES, 2026). Entre ces deux bornes, l'écart atteint 12,5 % sur la production annoncée.
Sur une installation de 6 kWc produisant environ 6 000 kWh, cela représente 750 kWh de différence. Ce n'est pas un détail de calcul, c'est l'écart entre une promesse tenue et un litige. Vous ne pouvez pas défendre un chiffre dont vous ignorez l'hypothèse.
La même logique vaut pour PVGIS. Il applique par défaut 14 % de pertes système, câbles, onduleur, salissures et dégradation compris (JRC, 2025). Notre méthode de calcul de la production photovoltaïque détaille comment reconstruire ce budget poste par poste.
Quelle est la précision réelle de l'outil ?
L'INES annonce un écart inférieur à 5 % avec PVsyst ou archelios sur des projets standards. Il retient par ailleurs une incertitude d'environ 10 % autour de la production calculée (INES, 2026). Ces deux chiffres disent des choses différentes, et la confusion entre eux est fréquente.
Le premier compare deux modèles entre eux. Le second décrit l'écart possible avec le monde réel. Un outil peut donc s'aligner sur PVsyst à 3 % près et se tromper de 10 % sur la production constatée. Les deux partagent les mêmes limites de données d'entrée.
Retenez la conséquence pratique. Annoncer une production au kilowattheure près relève de la mise en scène. Annoncer une fourchette assumée relève du métier.
Un test simple permet de le vérifier sur vos propres affaires. Reprenez trois installations posées depuis au moins deux ans, comparez la production mesurée au chiffre annoncé en phase de vente, et regardez la dispersion. Si elle dépasse 10 %, le problème vient rarement de l'outil. Il vient du masque proche, du profil de consommation retenu ou d'une pose différente de l'étude.
Où AutoCalSol s'arrête-t-il face à un logiciel métier ?
AutoCalSol couvre la pré-étude et rien d'autre. Sa propre FAQ renvoie aux logiciels experts pour la faisabilité détaillée, le choix des équipements et la conception électrique (INES, 2026). Tout ce qui suit la signature reste hors de son périmètre.
Concrètement, l'outil ne produit ni plan de calepinage, ni schéma unifilaire, ni note de dimensionnement des conducteurs, ni devis conforme. Il ne suit pas davantage un dossier de raccordement ou un passage au Consuel.
C'est la ligne de partage utile. AutoCalSol répond à « ce projet a-t-il du sens ». Un logiciel de planification solaire répond à « comment je le vends, le conçois, le pose et le facture sans ressaisir trois fois les mêmes données ».
Que change le tarif de 1,1 c€/kWh pour votre pré-étude ?
L'arrêté du 1er juin 2026 a instauré un tarif unique de 1,1 c€/kWh pour le surplus jusqu'à 100 kWc (photovoltaique.info, 2026). Il vise les demandes complètes déposées à partir du 5 juin 2026. La production injectée ne vaut donc presque plus rien.
Cette bascule déplace tout l'enjeu de la simulation. Ce qui fait la valeur du projet, ce n'est plus le total annuel produit, c'est la part consommée sur place. L'ADEME retient un taux d'autoconsommation de référence de 35 % en résidentiel. Passer de 25 à 45 % fait gagner environ cinq ans de retour sur investissement (ADEME, 2025).
Or c'est précisément là que la version gratuite est la plus fragile. Ses six profils Enedis décrivent le comportement moyen d'un groupe de clients, pas celui de votre client. Enedis le formule ainsi : un profil est un jeu de coefficients au pas demi-horaire construit pour refléter un client « moyen » de la catégorie (Enedis, 2024).
Deux ménages, un même profil, deux projets différents
Deux foyers classés RES1 peuvent avoir un chauffe-eau piloté la nuit pour l'un et une voiture électrique branchée l'après-midi pour l'autre. Leur taux d'autoconsommation réel n'a rien de comparable. Seul l'import de la courbe de charge, réservé à la licence, sépare les deux cas.
L'ADEME donne un ordre de grandeur voisin sur l'orientation. Répartir les modules entre sud, est et ouest coûte environ 10 % de production annuelle et rapporte environ 6 points d'autoconsommation (ADEME, 2025). Un arbitrage que seule une simulation horaire sérieuse permet de trancher.
Quel risque pèse sur une production surestimée ?
La DGCCRF a contrôlé près de 1 000 établissements de la rénovation énergétique en 2024, soit 20 % de plus qu'en 2023. Elle a relevé des infractions graves chez 34 % d'entre eux (DGCCRF, 2025). Les promesses d'autofinancement rapide figurent explicitement parmi les pratiques visées.
Les suites ne sont pas symboliques. On compte 140 injonctions de mise en conformité, plus de 50 amendes administratives et plus de 140 procès-verbaux pénaux. S'y ajoutent 39 signalements transmis aux forces de l'ordre, soit le double de 2023. Une entreprise a été sanctionnée d'une amende de 1,5 million d'euros pour démarchage téléphonique illégal.
L'administration avait déjà documenté le mécanisme dans une enquête antérieure sur les énergies renouvelables : certains professionnels surévaluent les économies réalisées et dissimulent les coûts associés (DGCCRF, 2025). Une simulation gratuite reprise telle quelle dans un argumentaire vous expose, même de bonne foi.
La parade est simple. Indiquez la source de votre estimation, l'hypothèse de ratio de performance et la fourchette retenue, au même titre que les mentions obligatoires du devis.
Comment intégrer AutoCalSol dans votre processus ?
Le parc français atteignait 30,4 GW au 31 décembre 2025, après 5,9 GW raccordés dans l'année (SER, RTE, Enedis et Agence ORE, 2026). La production a atteint 32,9 TWh, soit 7,4 % de l'électricité consommée. Le volume d'études à produire suit la même pente.
Une répartition des rôles fonctionne bien en pratique :
- Rendez-vous de qualification : AutoCalSol gratuit, pour dire oui ou non en dix minutes.
- Étude chiffrée : licence AutoCalSol ou logiciel expert, avec courbe de charge réelle et ratio de performance assumé.
- Conception et pose : outil métier, du calepinage au dossier de raccordement.
- Exploitation : comparaison entre la production annoncée et la production mesurée, sujet traité dans notre guide sur le monitoring photovoltaïque.
Le quatrième point est le plus négligé et le plus rentable. Vos propres écarts constatés valent mieux que n'importe quelle hypothèse générique, et ils alimentent directement votre prochaine étude de dimensionnement.
La batterie, seul levier restant sur le surplus
AutoCalSol simule le stockage dès la version gratuite, ce qui en fait un support de discussion utile. Le calcul économique, lui, a changé de nature depuis que le surplus est racheté à 1,1 c€/kWh. Chaque kilowattheure stocké puis consommé remplace un achat au tarif de détail.
L'ADEME situe le coût de production d'une installation de 3 à 9 kWc entre 13 et 19 c€/kWh, contre environ 25 c€/kWh au détail (ADEME, 2025). L'écart finance le projet, pas la revente. Notre analyse de la rentabilité de la batterie solaire détaille le calcul complet, fiscalité comprise.
Le parc concerné est loin d'être marginal. L'ADEME comptait 677 000 installations en autoconsommation individuelle pour 3,8 GW fin 2024, après une hausse de 54 % du nombre d'installations en un an. À l'échelle du parc entier, le SDES relevait 25,3 GW et 23,1 TWh produits en 2024, dont seulement 1,3 TWh autoconsommés (SDES, 2025).
Ce rapport de un à dix-huit entre production totale et production autoconsommée mesure l'ampleur du chantier commercial ouvert par la réforme. Il indique aussi où votre pré-étude doit devenir précise.
Note de transparence
Les fonctionnalités et les limites décrites ici proviennent des pages publiques d'AutoCalSol consultées le 26 septembre 2026. L'INES n'y publie aucun tarif de licence. Il ne mentionne ni numéro de version ni date de mise à jour du moteur de calcul.
Deux réserves méritent d'être signalées. Le décalage entre la mention de SARAH-2 dans la FAQ et la version 5.3 de PVGIS peut refléter une page non actualisée. Le jeu de données réellement employé est peut-être plus récent. Vérifiez ce point auprès de l'INES avant d'en faire un argument.
FAQ
AutoCalSol est-il vraiment gratuit ?
La version gratuite l'est sans condition et couvre le champ, le masque lointain, six profils Enedis, la batterie et la rentabilité. Le choix du ratio de performance, l'import d'une courbe de charge, les trois champs simultanés et le rapport personnalisé relèvent de la licence payante.
AutoCalSol remplace-t-il PVsyst ou archelios ?
Non, et l'INES l'écrit. L'écart annoncé reste inférieur à 5 % sur des projets standards. La FAQ renvoie pourtant aux logiciels experts pour la faisabilité détaillée, le choix des équipements et la conception électrique.
Peut-on joindre une étude AutoCalSol à un devis ?
Rien ne l'interdit, à condition d'indiquer l'origine du calcul, l'hypothèse de ratio de performance et une fourchette plutôt qu'un chiffre unique. La DGCCRF vise explicitement les promesses de rentabilité surévaluées dans ce secteur.
Quelle incertitude retenir sur la production annoncée ?
L'INES retient environ 10 % autour de la valeur calculée. Cette marge ne couvre ni l'ombrage proche non modélisé, ni un profil de consommation éloigné du cas réel, deux écarts à traiter séparément.
AutoCalSol gère-t-il l'ombrage des arbres et des cheminées ?
Non. Seul le masque lointain est calculé, à partir d'un modèle de terrain d'environ 90 m de résolution, complété le cas échéant par un fichier d'horizon que vous fournissez. Le relevé de masque proche reste à votre charge.
Les six profils Enedis suffisent-ils pour estimer l'autoconsommation ?
Rarement, depuis que le surplus est racheté à 1,1 c€/kWh. Un profil décrit un client moyen de sa catégorie, pas votre client. Dès que le projet comporte une voiture électrique, une pompe à chaleur ou un rythme atypique, la courbe de charge réelle s'impose.






