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Recharger sa Voiture Électrique avec des Panneaux Solaires : Guide Complet 2026

Guide complet recharge VE solaire : dimensionnement photovoltaïque, wallbox compatible, smart charging et rentabilité. Optimisez l'autoconsommation avec votre véhicule électrique.

L'adoption des véhicules électriques connaît une croissance exponentielle en France, avec plus de 300 000 immatriculations prévues en 2026. Dans le même temps, le photovoltaïque résidentiel poursuit son développement, porté par la recherche d'autonomie énergétique et la maîtrise des coûts. La convergence de ces deux tendances ouvre une opportunité majeure : recharger son véhicule électrique directement avec l'énergie solaire produite par ses panneaux photovoltaïques.

Cette synergie entre mobilité électrique et autoconsommation solaire présente des avantages considérables : réduction drastique du coût au kilomètre, optimisation du taux d'autoconsommation, indépendance vis-à-vis des fluctuations tarifaires du réseau, et empreinte carbone minimale. Pour les installateurs photovoltaïques, c'est également un argument commercial puissant et une opportunité de diversification vers les infrastructures de recharge.

Ce guide complet vous accompagne dans la conception, le dimensionnement et l'installation d'un système de recharge solaire pour véhicule électrique. Nous aborderons les aspects techniques, économiques et réglementaires pour vous permettre de proposer des solutions optimales à vos clients.

Principe de la Recharge Solaire pour Véhicule Électrique

Fonctionnement du système

Le principe de la recharge solaire repose sur l'utilisation directe de l'électricité produite par les panneaux photovoltaïques pour alimenter la borne de recharge du véhicule électrique. L'installation photovoltaïque convertit l'énergie solaire en courant continu, qui est ensuite transformé en courant alternatif par l'onduleur. Ce courant alimente prioritairement les consommations du logement, dont la borne de recharge.

Lorsque la production solaire est supérieure à la consommation instantanée du logement, le surplus disponible est dirigé vers la recharge du véhicule. Si la production est insuffisante, le réseau électrique complète automatiquement l'apport nécessaire. Ce fonctionnement hybride garantit une recharge continue, quelle que soit la météo ou l'heure de la journée.

Les trois modes de recharge

Recharge directe au surplus solaire : Le véhicule se recharge uniquement lorsqu'un surplus photovoltaïque est disponible. Ce mode maximise l'autoconsommation mais nécessite une présence du véhicule en journée et des conditions d'ensoleillement favorables. Le taux de recharge solaire peut atteindre 80 à 90 % en été, mais descend à 30-40 % en hiver.

Recharge mixte solaire + réseau : Le mode le plus courant, où la recharge utilise prioritairement l'énergie solaire disponible et complète avec le réseau si nécessaire. Ce mode offre le meilleur compromis entre autonomie solaire et praticité d'usage. Le taux de recharge solaire moyen sur l'année se situe entre 40 et 60 % selon le dimensionnement et les habitudes d'utilisation.

Recharge avec batterie de stockage : L'ajout d'une batterie domestique permet de stocker le surplus solaire de la journée pour recharger le véhicule en soirée ou la nuit. Ce mode augmente significativement le taux d'autoconsommation solaire (jusqu'à 70-80 % annuel) mais implique un investissement supplémentaire important.

Taux d'autoconsommation réaliste

Il est essentiel de communiquer des attentes réalistes à vos clients concernant le taux d'autoconsommation solaire pour la recharge du véhicule. Contrairement aux idées reçues, il est rare de recharger un véhicule électrique à 100 % au solaire sur l'année, sauf dans des configurations très spécifiques.

Pour un salarié travaillant en bureau (véhicule absent en journée), le taux de recharge solaire directe est limité à 15-25 % sur l'année. En revanche, pour un télétravailleur ou un retraité (véhicule présent en journée), ce taux peut atteindre 50-65 % sans batterie, et 70-85 % avec une batterie de stockage dimensionnée correctement.

Les variations saisonnières sont également importantes : en été, avec des journées longues et ensoleillées, le taux peut dépasser 80 %, tandis qu'en hiver, il descend souvent sous les 30 %. La moyenne annuelle dépend donc fortement du profil d'usage et de la stratégie de recharge adoptée.

Consommation Électrique des Véhicules Électriques

Consommation moyenne par modèle

La consommation électrique d'un véhicule varie considérablement selon le modèle, le poids, l'aérodynamisme et le style de conduite. Voici les consommations moyennes des modèles les plus populaires en France :

  • Renault Zoé (52 kWh) : 15-17 kWh/100 km
  • Peugeot e-208 : 14-16 kWh/100 km
  • Tesla Model 3 : 14-18 kWh/100 km (selon version)
  • Volkswagen ID.3 : 15-18 kWh/100 km
  • Fiat 500e : 13-15 kWh/100 km
  • SUV électriques (Tesla Model Y, Audi e-tron, Mercedes EQC) : 18-25 kWh/100 km

Ces valeurs correspondent à une utilisation mixte (ville/route) dans des conditions normales. En pratique, la consommation réelle peut varier de ±20 % selon les conditions d'utilisation.

Calcul des besoins énergétiques annuels

Pour dimensionner correctement l'installation photovoltaïque, il est essentiel de calculer les besoins énergétiques annuels du véhicule. Voici les consommations types selon le kilométrage annuel, en prenant une consommation moyenne de 16 kWh/100 km :

  • 10 000 km/an : 1 600 kWh/an, soit environ 133 kWh/mois ou 4,4 kWh/jour
  • 15 000 km/an : 2 400 kWh/an, soit environ 200 kWh/mois ou 6,6 kWh/jour
  • 20 000 km/an : 3 200 kWh/an, soit environ 267 kWh/mois ou 8,8 kWh/jour
  • 25 000 km/an : 4 000 kWh/an, soit environ 333 kWh/mois ou 11 kWh/jour

À ces besoins s'ajoutent les consommations du logement. Un foyer français consomme en moyenne 4 500 à 5 500 kWh/an (hors chauffage électrique). Le dimensionnement de l'installation photovoltaïque doit donc prendre en compte ces deux postes de consommation.

Facteurs influençant la consommation

Plusieurs facteurs peuvent faire varier significativement la consommation réelle d'un véhicule électrique :

Température extérieure : Le froid augmente la consommation de 20 à 40 % en hiver (chauffage de l'habitacle, résistance accrue de la batterie). À -10°C, la surconsommation peut atteindre 50 % par rapport à 20°C. Inversement, la climatisation en été augmente la consommation de 10 à 20 %.

Style de conduite : Une conduite sportive avec accélérations franches peut augmenter la consommation de 30 à 50 %. À l'inverse, une conduite éco-responsable avec anticipation et utilisation optimale du freinage régénératif peut réduire la consommation de 15 à 25 %.

Vitesse de circulation : La résistance aérodynamique augmente avec le carré de la vitesse. Rouler à 130 km/h au lieu de 110 km/h augmente la consommation de 25 à 35 %. Sur autoroute, la consommation peut atteindre 20-22 kWh/100 km contre 12-14 kWh/100 km en ville.

Relief et dénivelé : Les trajets en montagne augmentent la consommation de 15 à 30 %, même si une partie de l'énergie est récupérée en descente grâce au freinage régénératif.

Charge du véhicule : Un véhicule chargé (passagers, bagages, remorque) consomme 5 à 15 % de plus selon le poids additionnel.

État des pneumatiques : Des pneus sous-gonflés augmentent la résistance au roulement et peuvent accroître la consommation de 3 à 8 %.

Il est donc crucial d'intégrer ces variations dans le dimensionnement de l'installation photovoltaïque, en appliquant une marge de sécurité de 15 à 20 % sur les besoins calculés.

Dimensionnement de l'Installation Photovoltaïque

Méthodologie de calcul

Le dimensionnement d'une installation photovoltaïque pour la recharge d'un véhicule électrique nécessite une approche méthodique en plusieurs étapes :

Étape 1 : Évaluation des besoins totaux - Additionnez la consommation annuelle du logement (relevé sur factures) et les besoins du véhicule électrique calculés précédemment. Par exemple : 5 000 kWh (maison) + 2 400 kWh (VE 15 000 km/an) = 7 400 kWh/an.

Étape 2 : Détermination du taux d'autoconsommation visé - Selon le profil d'occupation (télétravail, retraite, absence journée), définissez un objectif réaliste : 40-50 % pour un salarié absent en journée, 60-70 % pour un télétravailleur, 70-80 % avec batterie de stockage.

Étape 3 : Calcul de la puissance crête nécessaire - En France, 1 kWc produit en moyenne 1 000 à 1 200 kWh/an selon la région et l'orientation. Pour couvrir 50 % de 7 400 kWh (soit 3 700 kWh), il faut : 3 700 ÷ 1 100 = 3,4 kWc minimum. Pour viser 70 % d'autoconsommation, dimensionnez à 6-9 kWc.

Étape 4 : Ajustement selon les contraintes - Vérifiez la surface de toiture disponible (1 kWc ≈ 5-6 m² avec panneaux 400-450 Wc), l'orientation et l'inclinaison, les masques solaires éventuels, et la capacité du compteur électrique.

Exemples de dimensionnement selon profils

Cas 1 : Télétravailleur, 15 000 km/an

  • Consommation maison : 4 800 kWh/an
  • Consommation VE : 2 400 kWh/an (15 000 km × 16 kWh/100 km)
  • Total : 7 200 kWh/an
  • Objectif autoconsommation : 60 % (véhicule présent en journée)
  • Production solaire visée : 7 200 × 0,60 = 4 320 kWh/an
  • Puissance recommandée : 6-9 kWc (production 6 600-9 900 kWh/an)
  • Configuration type : 15-22 panneaux de 400 Wc, surface 75-110 m²

Cas 2 : Couple actif, absence journée, 20 000 km/an

  • Consommation maison : 5 200 kWh/an
  • Consommation VE : 3 200 kWh/an (20 000 km × 16 kWh/100 km)
  • Total : 8 400 kWh/an
  • Objectif autoconsommation : 40 % (véhicule absent en journée, recharge soir/nuit)
  • Production solaire visée : 8 400 × 0,40 = 3 360 kWh/an
  • Puissance recommandée : 6 kWc (production 6 600 kWh/an) ou 9-12 kWc avec batterie pour atteindre 70 % d'autoconsommation
  • Configuration type : 15 panneaux de 400 Wc (6 kWc) ou 22-30 panneaux (9-12 kWc) avec batterie 10 kWh

Impact de l'orientation et de l'inclinaison

L'orientation et l'inclinaison des panneaux photovoltaïques influencent directement la production annuelle et la répartition de la production au cours de la journée :

Orientation plein Sud, inclinaison 30-35° : Configuration optimale en France, production maximale annuelle (100 % du potentiel). Production concentrée en milieu de journée (10h-16h), idéale pour recharge en journée.

Orientation Sud-Est ou Sud-Ouest, inclinaison 30° : Production légèrement réduite (95-98 % du potentiel), mais production décalée vers le matin (SE) ou l'après-midi (SO). Peut être intéressant pour adapter la production aux habitudes de recharge.

Orientation Est-Ouest, inclinaison 10-15° : Production réduite (85-90 % du potentiel) mais étalée sur une plus longue période (7h-19h). Intéressant pour maximiser l'autoconsommation avec une production plus régulière.

Orientation Nord : À éviter absolument, production réduite de 40-60 % selon l'inclinaison. Rentabilité compromise.

Pour la recharge de véhicule électrique, privilégiez une orientation qui maximise la production aux heures où le véhicule est présent. Un télétravailleur bénéficiera d'une orientation plein Sud, tandis qu'un salarié rentrant en fin d'après-midi pourra privilégier une orientation Sud-Ouest.

Production mensuelle et surplus disponible

La production photovoltaïque varie fortement selon les saisons. Voici la répartition mensuelle type pour une installation de 6 kWc plein Sud en région parisienne (production annuelle 6 600 kWh) :

  • Janvier : 220 kWh (3,3 % de la production annuelle)
  • Février : 320 kWh (4,8 %)
  • Mars : 520 kWh (7,9 %)
  • Avril : 660 kWh (10 %)
  • Mai : 790 kWh (12 %)
  • Juin : 860 kWh (13 %)
  • Juillet : 920 kWh (13,9 %)
  • Août : 820 kWh (12,4 %)
  • Septembre : 640 kWh (9,7 %)
  • Octobre : 450 kWh (6,8 %)
  • Novembre : 240 kWh (3,6 %)
  • Décembre : 160 kWh (2,4 %)

Cette répartition montre que 60 % de la production annuelle est concentrée sur 5 mois (mai à septembre), tandis que les mois d'hiver (novembre à février) ne représentent que 14 % de la production. Pour la recharge du véhicule électrique, cela signifie qu'en été, le surplus solaire sera largement suffisant, tandis qu'en hiver, le complément réseau sera indispensable.

Pour calculer le surplus disponible pour la recharge, soustrayez la consommation de base du logement (hors VE) de la production mensuelle. Par exemple, avec une consommation maison de 400 kWh/mois, le surplus disponible en juillet sera de 920 - 400 = 520 kWh, soit de quoi recharger pour environ 3 250 km (520 kWh ÷ 16 kWh/100 km).

Choix et Installation de la Wallbox

Types de bornes de recharge

Le choix de la wallbox (borne de recharge murale) est déterminant pour optimiser la recharge solaire. Deux catégories principales se distinguent selon la puissance et le type de raccordement :

Wallbox monophasée 7,4 kW (32A) : La solution la plus courante pour les particuliers. Compatible avec tous les compteurs monophasés standard, elle permet de recharger environ 40-45 km d'autonomie par heure de recharge. Pour une batterie de 50 kWh complètement vide, comptez 7 heures de recharge. Coût : 800-1 500 € installée.

Wallbox triphasée 11 kW : Nécessite un compteur triphasé et un abonnement adapté. Recharge environ 65-70 km d'autonomie par heure. Batterie 50 kWh rechargée en 4h30. Idéale pour gros rouleurs ou véhicules avec grosse batterie. Coût : 1 200-2 000 € installée.

Wallbox triphasée 22 kW : Réservée aux véhicules compatibles (Tesla Model 3/Y, Renault Zoé, BMW i3). Recharge ultra-rapide (130 km/h), batterie 50 kWh en 2h30. Nécessite un abonnement élevé (12-15 kVA triphasé) et peut poser des problèmes de délestage. Coût : 1 500-2 500 € installée.

Pour la recharge solaire, la wallbox 7,4 kW monophasée représente le meilleur compromis : puissance suffisante pour une recharge nocturne complète, compatibilité universelle, et consommation adaptée au surplus photovoltaïque disponible en journée (une installation de 6 kWc peut fournir 4-5 kW en pleine production).

Comparatif des marques et modèles

Wallbox Pulsar Plus (7,4 kW) : Référence du marché, connectivité WiFi/Bluetooth, application mobile complète, compatible smart charging avec la plupart des onduleurs (Fronius, SolarEdge, Huawei). Fonction délestage dynamique intégrée. Prix : 700-900 € HT. Garantie 2 ans. Indice IP54, IK08.

Legrand Green'up Premium (7,4 kW) : Marque française reconnue, robustesse éprouvée, intégration facile dans tableau électrique Legrand. Connectivité limitée (pas de WiFi natif). Fonction éco-recharge via module additionnel. Prix : 600-800 € HT. Garantie 3 ans. IP55, IK10.

Schneider Electric EVlink Wallbox (7,4 kW) : Qualité industrielle, connectivité Modbus pour intégration domotique avancée. Compatible avec système de gestion d'énergie Wiser. Délestage et pilotage solaire via passerelle. Prix : 800-1 100 € HT. Garantie 2 ans. IP54, IK10.

Hager Witty (7,4 kW) : Design compact, installation simplifiée, connectivité WiFi, application intuitive. Compatible pilotage solaire via API. Fonction délestage intégrée. Excellent rapport qualité/prix. Prix : 650-850 € HT. Garantie 2 ans. IP54, IK08.

Easee Home (7,4-22 kW) : Wallbox norvégienne haut de gamme, puissance ajustable automatiquement, délestage dynamique très performant, connectivité 4G intégrée, mises à jour OTA. Compatible smart charging avancé. Prix : 900-1 200 € HT. Garantie 3 ans. IP54, IK10.

Zappi myenergi (7,4 kW) : Spécialisée dans la recharge solaire, modes éco+ (surplus pur) et éco (mixte) natifs, mesure de production intégrée, compatible avec pinces ampérométriques. Interface simple. Prix : 900-1 100 € HT. Garantie 3 ans. IP54, IK08.

Critères de sélection essentiels

Pour une installation de recharge solaire optimale, privilégiez les wallbox présentant les caractéristiques suivantes :

Puissance modulable : Capacité à ajuster la puissance de recharge de 1,4 kW à 7,4 kW (6A à 32A) pour s'adapter au surplus solaire disponible. Essentiel pour maximiser l'autoconsommation.

Connectivité et API : WiFi ou Ethernet pour communication avec le système de gestion d'énergie. API ouverte ou protocole standard (Modbus, OCPP) pour intégration avec onduleur ou box domotique.

Délestage dynamique : Fonction permettant de réduire automatiquement la puissance de recharge si la consommation totale du logement approche la limite de l'abonnement. Évite les disjonctions et optimise l'utilisation de la puissance souscrite.

Modes de recharge programmés : Possibilité de définir des plages horaires (heures creuses, heures de production solaire) et des modes de recharge (rapide, éco, solaire uniquement).

Monitoring et historique : Application mobile affichant la consommation en temps réel, l'historique des recharges, la répartition solaire/réseau, et les statistiques de coûts.

Robustesse et certifications : Indice de protection IP54 minimum (poussière et projections d'eau), IK08 minimum (résistance aux chocs). Certifications CE, NF, TUV. Garantie 2-3 ans.

Compatibilité véhicules : Câble Type 2 (standard européen) attaché ou prise Type 2. Longueur de câble 5-7 mètres pour flexibilité de stationnement.

Normes et protection électrique

L'installation d'une wallbox doit respecter strictement les normes électriques en vigueur :

Norme NF C 15-100 section 722 : Régit les installations électriques pour véhicules électriques. Impose un circuit dédié, une protection différentielle 30 mA Type A ou Type F (détection courants continus résiduels), et un disjoncteur calibré (40A pour 7,4 kW).

Norme IEC 61851 : Standard international pour les systèmes de recharge. Définit les modes de recharge, les protocoles de communication véhicule-borne, et les dispositifs de sécurité (détection de défaut, arrêt d'urgence).

Protection électrique obligatoire pour une wallbox 7,4 kW monophasée :

  • Disjoncteur divisionnaire 40A courbe C ou D
  • Interrupteur différentiel 40A 30mA Type F (ou Type A avec protection DC intégrée à la wallbox)
  • Câble d'alimentation 3G10 mm² (phase, neutre, terre) si distance < 30 mètres
  • Liaison équipotentielle si installation en extérieur
  • Parafoudre Type 2 si région à forte densité de foudre (AQ2)

Pour une installation triphasée 11 kW, utilisez un disjoncteur tétrapolaire 20A et un câble 5G2,5 mm². Pour 22 kW, disjoncteur 32A et câble 5G6 mm².

Emplacement optimal de la wallbox

Le choix de l'emplacement de la borne influence la facilité d'installation, le coût, et le confort d'utilisation :

Proximité du tableau électrique : Idéalement à moins de 20 mètres pour limiter la longueur de câble et les chutes de tension. Au-delà de 30 mètres, augmentez la section de câble (16 mm² voire 25 mm²).

Accessibilité du stationnement : La wallbox doit être installée à 1,20-1,50 mètre de hauteur, à portée de câble du véhicule stationné. Prévoyez un câble de 5-7 mètres pour permettre le stationnement dans différentes positions.

Protection contre les intempéries : En extérieur, installez la wallbox sous un abri (carport, auvent) ou choisissez un modèle IP55. Évitez l'exposition directe au soleil (surchauffe) et aux intempéries (pluie, neige).

Connectivité réseau : Vérifiez la couverture WiFi à l'emplacement prévu. Si le signal est faible, prévoyez un répéteur WiFi ou une liaison Ethernet (câble RJ45 en gaine).

Éclairage : Prévoyez un éclairage suffisant de la zone de recharge pour les manipulations nocturnes. Un détecteur de présence est un plus appréciable.

En copropriété, l'installation se fait généralement sur la place de parking privée, avec raccordement au compteur individuel. Le droit à la prise (décret 2020-1720) facilite les démarches, mais nécessite une notification préalable au syndic.

Smart Charging et Pilotage Intelligent

Principe du pilotage dynamique

Le smart charging (recharge intelligente) consiste à ajuster automatiquement la puissance de recharge du véhicule en fonction de plusieurs paramètres : production photovoltaïque instantanée, consommation du logement, puissance disponible sur l'abonnement, tarification électrique (heures creuses/pleines), et objectifs de recharge définis par l'utilisateur.

Le système de pilotage mesure en temps réel la production solaire (via l'onduleur ou des pinces ampérométriques) et la consommation du logement. Il calcule le surplus disponible et ajuste la puissance de la wallbox en conséquence. Si le surplus est de 3 kW, la wallbox rechargera à 3 kW. Si le surplus tombe à 1,5 kW, la recharge s'adapte ou se met en pause selon le mode choisi.

Cette optimisation dynamique permet de maximiser l'autoconsommation solaire tout en garantissant une recharge suffisante du véhicule. Les systèmes avancés intègrent également les prévisions météo (production solaire anticipée) et les habitudes de déplacement (autonomie nécessaire) pour optimiser la stratégie de recharge.

Systèmes de gestion d'énergie

Plusieurs solutions techniques permettent de mettre en œuvre le smart charging :

Wallbox avec pilotage intégré : Certaines wallbox comme la Zappi myenergi ou l'Easee Home intègrent nativement la fonction de pilotage solaire. Elles communiquent directement avec l'onduleur (via WiFi, Modbus ou pinces ampérométriques) et ajustent automatiquement la puissance. Solution la plus simple, mais limitée à la gestion de la recharge uniquement. Coût : inclus dans le prix de la wallbox (900-1 200 €).

Système de gestion d'énergie (EMS) dédié : Boîtier indépendant qui centralise la gestion de l'ensemble des consommations du logement (wallbox, ballon d'eau chaude, chauffage, électroménager). Exemples : SolarEdge Energy Hub, Fronius Ohmpilot, MyLight Systems. Permet une optimisation globale de l'autoconsommation. Coût : 500-1 500 € selon fonctionnalités.

Box domotique avec module énergie : Intégration dans un système domotique existant (Home Assistant, Jeedom, Domoticz) via API ou protocole Modbus. Nécessite des compétences techniques mais offre une flexibilité maximale. Coût : 200-500 € (matériel) + temps de configuration.

Solution cloud de l'onduleur : Certains onduleurs (SolarEdge, Fronius, Huawei) proposent des fonctions de pilotage de charge via leur plateforme cloud. La wallbox compatible se connecte au cloud et reçoit les consignes de puissance. Solution simple mais dépendante de la connexion internet. Coût : généralement inclus dans l'onduleur.

Modes de pilotage

Les systèmes de smart charging proposent généralement plusieurs modes de fonctionnement :

Mode surplus pur (100 % solaire) : La recharge ne démarre que lorsqu'un surplus solaire suffisant est disponible (généralement 1,4 kW minimum, soit 6A). La puissance s'ajuste en continu selon le surplus. Si le surplus devient insuffisant, la recharge se met en pause. Ce mode maximise l'autoconsommation mais nécessite une présence du véhicule en journée et un bon ensoleillement. Taux solaire : 80-95 %.

Mode mixte (solaire + réseau) : La recharge utilise prioritairement le surplus solaire et complète avec le réseau pour maintenir une puissance minimale (par exemple 2 kW). Ce mode garantit une recharge continue tout en optimisant l'autoconsommation. Taux solaire : 40-70 % selon dimensionnement.

Mode heures creuses : La recharge se déclenche automatiquement pendant les heures creuses (généralement 22h-6h) à puissance maximale. Complémentaire du mode solaire pour les jours peu ensoleillés. Taux solaire : 0 % mais coût optimisé (tarif HC).

Mode rapide : Recharge à puissance maximale immédiatement, sans attendre le surplus solaire. Utilisé en cas de besoin urgent (départ imprévu). Taux solaire : variable selon heure de recharge.

Mode programmé : Définition d'une heure de départ souhaitée et d'un niveau de charge cible. Le système calcule automatiquement la stratégie optimale (surplus solaire en journée + complément en heures creuses si nécessaire). Taux solaire : 50-80 % selon configuration.

Communication avec l'onduleur

Pour un pilotage efficace, le système de gestion doit connaître en temps réel la production photovoltaïque et la consommation du logement. Plusieurs méthodes existent :

Communication directe avec l'onduleur : Via protocole Modbus TCP/IP (Ethernet ou WiFi) ou Modbus RTU (liaison série RS485). L'onduleur transmet les données de production instantanée, et le compteur intégré (si présent) transmet la consommation. Solution la plus précise et réactive (rafraîchissement 1-5 secondes). Compatible avec la plupart des onduleurs récents (SolarEdge, Fronius, Huawei, SMA, Kostal).

Pinces ampérométriques : Installation de capteurs de courant sur les câbles d'alimentation (production PV et consommation générale). Les pinces mesurent l'intensité et transmettent les données au système de pilotage. Solution universelle, compatible avec tous les onduleurs, mais nécessite une installation dans le tableau électrique. Coût : 80-150 € par pince.

API cloud de l'onduleur : Récupération des données via l'API du portail web de l'onduleur. Solution simple (pas d'installation matérielle) mais moins réactive (rafraîchissement 1-5 minutes) et dépendante de la connexion internet. Acceptable pour un pilotage non critique.

Compteur communicant Linky : Lecture des index de production et consommation via la téléinformation client (TIC). Nécessite un module de lecture (USB ou WiFi). Rafraîchissement lent (10-30 secondes) mais gratuit et universel. Coût module : 30-80 €.

Applications et monitoring

Les systèmes de smart charging modernes proposent des applications mobiles complètes permettant de :

  • Visualiser en temps réel la production solaire, la consommation du logement, et la puissance de recharge
  • Consulter l'historique des recharges avec répartition solaire/réseau et coûts associés
  • Démarrer, arrêter ou modifier la recharge à distance
  • Sélectionner le mode de recharge (surplus, mixte, rapide, programmé)
  • Définir des plages horaires et des règles de recharge
  • Recevoir des notifications (recharge terminée, surplus disponible, anomalie)
  • Accéder aux statistiques mensuelles et annuelles (kWh rechargés, taux solaire, économies réalisées)

Ces fonctionnalités permettent à l'utilisateur de suivre précisément sa consommation et d'optimiser sa stratégie de recharge. Pour l'installateur, elles facilitent le diagnostic à distance et le support client.

Exemples de scénarios automatisés

Scénario 1 : Télétravailleur - Lundi au vendredi, 9h-17h : mode surplus pur (recharge uniquement au solaire). 22h-6h : mode heures creuses si niveau de charge < 50 %. Week-end : mode mixte pour garantir 80 % de charge le dimanche soir.

Scénario 2 : Salarié avec trajet quotidien - Arrivée à domicile 18h30 : démarrage automatique en mode mixte (surplus solaire résiduel + réseau). 22h-6h : passage en mode heures creuses à puissance maximale. Objectif : 80 % de charge chaque matin.

Scénario 3 : Usage occasionnel - Mode surplus pur en permanence. Notification si niveau de charge < 30 %. Possibilité de lancer une recharge rapide via l'application en cas de départ imprévu.

Scénario 4 : Optimisation avec prévisions météo - Si prévision d'ensoleillement excellent le lendemain : report de la recharge en journée (mode surplus). Si prévision de mauvais temps : recharge nocturne en heures creuses.

Ces scénarios peuvent être configurés dans l'application ou via des routines domotiques avancées. L'objectif est de maximiser l'autoconsommation solaire tout en garantissant l'autonomie nécessaire pour les déplacements quotidiens.

Aspects Économiques et Rentabilité

Détail des coûts d'installation

L'investissement pour un système complet de recharge solaire se décompose en plusieurs postes :

Installation photovoltaïque : Le coût varie selon la puissance, la qualité des composants, et la complexité de l'installation. En 2026, comptez 1 200-1 800 €/kWc TTC posé pour une installation résidentielle standard. Pour 6 kWc : 7 200-10 800 €. Pour 9 kWc : 10 800-16 200 €. Ce tarif inclut panneaux, onduleur, structure, câblage, protection, main d'œuvre, et mise en service.

Wallbox : 800-2 000 € TTC installée selon le modèle et les fonctionnalités. Wallbox basique 7,4 kW : 800-1 200 €. Wallbox connectée avec smart charging : 1 000-1 500 €. Wallbox haut de gamme 11-22 kW : 1 500-2 000 €. Ce tarif inclut la borne, les protections électriques, le câblage (jusqu'à 20 m), et la main d'œuvre.

Système de pilotage intelligent : 200-800 € selon la solution. Pilotage intégré à la wallbox : inclus. Pinces ampérométriques : 150-300 €. Système de gestion d'énergie (EMS) : 500-800 €. Box domotique : 200-500 € + configuration.

Batterie de stockage (optionnelle) : 5 000-12 000 € TTC installée selon la capacité. Batterie 5 kWh : 5 000-7 000 €. Batterie 10 kWh : 8 000-10 000 €. Batterie 15 kWh : 11 000-12 000 €. Ce tarif inclut la batterie, l'onduleur hybride (si nécessaire), le câblage, et l'installation.

Exemple d'investissement complet : Installation 6 kWc (9 000 €) + wallbox 7,4 kW avec smart charging (1 200 €) = 10 200 € TTC. Avec batterie 10 kWh : 10 200 + 9 000 = 19 200 € TTC.

Aides et subventions 2026

Plusieurs dispositifs d'aide permettent de réduire significativement l'investissement :

Prime à l'autoconsommation photovoltaïque : Versée sur 5 ans par EDF OA pour les installations en autoconsommation avec vente du surplus. Barème 2026 : 3 kWc : 300 €/kWc (900 € total). 6 kWc : 230 €/kWc (1 380 € total). 9 kWc : 230 €/kWc (2 070 € total). Conditions : installation par professionnel RGE, puissance ≤ 9 kWc, démarches administratives complètes.

Crédit d'impôt pour borne de recharge : 75 % des dépenses d'acquisition et d'installation, plafonné à 300 € par système de charge (500 € pour les personnes en situation de handicap). Conditions : résidence principale ou secondaire, installation par professionnel qualifié IRVE. Exemple : wallbox 1 200 € → crédit d'impôt 300 €.

Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) : Prime versée par les fournisseurs d'énergie pour l'installation d'une borne de recharge pilotée. Montant variable selon fournisseur et région : 200-500 €. Cumulable avec le crédit d'impôt. Conditions : borne avec fonction de pilotage, installation par professionnel RGE.

Aides régionales et locales : Certaines régions, départements ou communes proposent des aides complémentaires pour le photovoltaïque ou les bornes de recharge. Montants très variables : 500-2 000 €. Renseignez-vous auprès de l'ANIL (Agence Nationale pour l'Information sur le Logement) ou de votre collectivité.

TVA réduite : TVA à 10 % (au lieu de 20 %) pour l'installation photovoltaïque ≤ 3 kWc en rénovation (logement > 2 ans). TVA à 20 % pour les installations > 3 kWc et les constructions neuves.

Exemple de cumul d'aides : Installation 6 kWc + wallbox = 10 200 €. Prime autoconsommation : -1 380 €. Crédit d'impôt borne : -300 €. CEE : -400 €. Coût net : 8 120 € (réduction de 20 %).

Coût au kilomètre comparé

L'intérêt économique de la recharge solaire apparaît clairement dans le coût au kilomètre :

Recharge 100 % solaire (autoconsommation) : Coût de production solaire : 0,08-0,12 €/kWh (amortissement installation sur 25 ans). Consommation VE : 16 kWh/100 km. Coût : 0,08 × 16 = 1,28 €/100 km, soit 0,013 €/km (1,3 centime). En pratique, avec un taux solaire de 60 %, le coût réel est de 0,02-0,04 €/km.

Recharge réseau (heures creuses) : Tarif heures creuses 2026 : 0,18-0,20 €/kWh. Coût : 0,19 × 16 = 3,04 €/100 km, soit 0,030 €/km (3 centimes). Avec abonnement heures pleines/heures creuses : +2 €/mois.

Recharge réseau (heures pleines) : Tarif heures pleines 2026 : 0,25-0,27 €/kWh. Coût : 0,26 × 16 = 4,16 €/100 km, soit 0,042 €/km (4,2 centimes).

Recharge publique rapide : Tarif moyen : 0,45-0,65 €/kWh. Coût : 0,55 × 16 = 8,80 €/100 km, soit 0,088 €/km (8,8 centimes).

Véhicule essence : Consommation moyenne : 6 L/100 km. Prix essence 2026 : 1,85 €/L. Coût : 6 × 1,85 = 11,10 €/100 km, soit 0,111 €/km (11,1 centimes).

Véhicule diesel : Consommation moyenne : 5 L/100 km. Prix diesel 2026 : 1,75 €/L. Coût : 5 × 1,75 = 8,75 €/100 km, soit 0,088 €/km (8,8 centimes).

La recharge solaire permet donc de diviser par 2 à 4 le coût au kilomètre par rapport à la recharge réseau, et par 4 à 8 par rapport à un véhicule thermique.

Calculs de rentabilité selon kilométrage

Cas 1 : 15 000 km/an, installation 6 kWc + wallbox, sans batterie

  • Investissement : 10 200 € - aides 2 080 € = 8 120 € net
  • Consommation VE : 2 400 kWh/an (15 000 km × 16 kWh/100 km)
  • Taux solaire : 60 % (1 440 kWh solaire, 960 kWh réseau)
  • Coût recharge : (1 440 × 0,10) + (960 × 0,19) = 144 + 182 = 326 €/an
  • Coût sans solaire (100 % réseau HC) : 2 400 × 0,19 = 456 €/an
  • Économie annuelle VE : 456 - 326 = 130 €/an
  • Économie autoconsommation maison (40 % de 4 800 kWh) : 1 920 × (0,26 - 0,10) = 307 €/an
  • Revente surplus (20 % de 6 600 kWh) : 1 320 × 0,13 = 172 €/an
  • Économie totale : 130 + 307 + 172 = 609 €/an
  • Temps de retour : 8 120 ÷ 609 = 13,3 ans

Cas 2 : 20 000 km/an, installation 9 kWc + wallbox + batterie 10 kWh

  • Investissement : 13 500 + 1 200 + 9 000 = 23 700 € - aides 3 070 € = 20 630 € net
  • Consommation VE : 3 200 kWh/an (20 000 km × 16 kWh/100 km)
  • Taux solaire : 75 % avec batterie (2 400 kWh solaire, 800 kWh réseau)
  • Coût recharge : (2 400 × 0,10) + (800 × 0,19) = 240 + 152 = 392 €/an
  • Coût sans solaire : 3 200 × 0,19 = 608 €/an
  • Économie annuelle VE : 608 - 392 = 216 €/an
  • Économie autoconsommation maison (70 % de 5 200 kWh) : 3 640 × (0,26 - 0,10) = 582 €/an
  • Revente surplus (10 % de 9 900 kWh) : 990 × 0,13 = 129 €/an
  • Économie totale : 216 + 582 + 129 = 927 €/an
  • Temps de retour : 20 630 ÷ 927 = 22,3 ans

Note : La batterie rallonge significativement le temps de retour. Son intérêt est surtout lié à l'autonomie énergétique et au confort d'usage plutôt qu'à la rentabilité pure.

Comparaison avec et sans batterie

La batterie de stockage améliore le taux d'autoconsommation mais pèse lourdement sur l'investissement. Voici une analyse comparative :

Sans batterie (9 kWc + wallbox) : Investissement : 14 700 € - aides 2 770 € = 11 930 € net. Taux autoconsommation VE : 45 %. Taux autoconsommation global : 50 %. Temps de retour : 12-14 ans.

Avec batterie 10 kWh : Investissement : 23 700 € - aides 3 070 € = 20 630 € net. Taux autoconsommation VE : 75 %. Taux autoconsommation global : 75 %. Temps de retour : 20-24 ans.

Surcoût batterie : 20 630 - 11 930 = 8 700 €. Gain annuel supplémentaire : 200-300 €. Temps de retour spécifique batterie : 29-44 ans (non rentable sur durée de vie batterie 10-15 ans).

Conclusion : La batterie n'est économiquement justifiée que si le client valorise fortement l'autonomie énergétique, la résilience (coupures réseau), ou si des aides spécifiques réduisent significativement son coût. Pour la rentabilité pure, privilégiez une installation sans batterie avec un bon dimensionnement et un smart charging efficace.

Réglementation et Normes

Normes électriques applicables

Norme NF C 15-100 section 722 : Cette section spécifique régit les installations électriques pour l'alimentation des véhicules électriques. Elle impose des exigences strictes concernant le circuit dédié, les protections, et la sécurité. Points clés : circuit spécialisé dédié à la recharge, protection différentielle 30 mA Type F ou Type A avec protection DC intégrée à la borne, disjoncteur calibré selon la puissance (40A pour 7,4 kW, 20A pour 11 kW triphasé, 32A pour 22 kW), section de câble adaptée (10 mm² minimum pour 7,4 kW), liaison équipotentielle si installation extérieure.

Norme IEC 61851 : Standard international définissant les systèmes conductifs de charge pour véhicules électriques. Elle définit 4 modes de recharge (Mode 1 à 4), les protocoles de communication entre véhicule et infrastructure (PWM, PLC), les dispositifs de sécurité obligatoires (détection de défaut d'isolement, protection contre les surintensités, arrêt d'urgence), et les niveaux de puissance (AC niveau 1 : ≤ 3,7 kW, AC niveau 2 : 3,7-22 kW, DC : > 22 kW).

Norme NF C 14-100 : Régit le raccordement au réseau public de distribution. Importante pour les installations photovoltaïques avec injection du surplus. Définit les conditions de raccordement, les protections de découplage, et les obligations de déclaration.

Qualification IRVE obligatoire

Depuis le décret 2017-26, l'installation d'une borne de recharge de puissance supérieure à 3,7 kW doit être réalisée par un installateur qualifié IRVE (Infrastructure de Recharge de Véhicule Électrique). Cette qualification est délivrée par des organismes accrédités (Qualifelec, AFNOR Certification) et comporte trois niveaux :

Niveau P1 (basique) : Installation de bornes sans configuration spécifique de communication ou de supervision. Puissance jusqu'à 22 kW. Convient pour les installations résidentielles simples. Prérequis : électricien qualifié + formation IRVE 2 jours.

Niveau P2 (intermédiaire) : Installation avec configuration de bornes communicantes, supervision, et gestion de charge. Puissance jusqu'à 22 kW. Nécessaire pour les installations avec smart charging. Prérequis : P1 + formation complémentaire 1 jour.

Niveau P3 (avancé) : Installation de bornes rapides DC (> 22 kW) et systèmes complexes multi-bornes. Réservé aux installations publiques et flottes. Prérequis : P2 + formation spécialisée.

Pour les installations de recharge solaire résidentielles avec smart charging, la qualification P2 est recommandée. Elle garantit la compétence de l'installateur sur les aspects de communication et de pilotage intelligent.

Consuel et conformité

Le Consuel (Comité National pour la Sécurité des Usagers de l'Électricité) délivre une attestation de conformité pour toute installation électrique neuve ou modifiée. Pour une installation photovoltaïque avec borne de recharge :

Attestation Consuel photovoltaïque (jaune) : Obligatoire pour le raccordement de l'installation PV au réseau et la signature du contrat d'achat avec EDF OA. L'installateur RGE remplit l'attestation et la transmet au Consuel avec les schémas électriques et les certificats de conformité des équipements. Délai : 2-4 semaines. Coût : 150-200 €.

Attestation Consuel IRVE : Obligatoire pour les bornes de recharge en installation neuve ou en cas de modification importante du tableau électrique. L'installateur qualifié IRVE remplit l'attestation spécifique. Coût : 100-150 €.

En pratique, pour une installation complète (PV + wallbox), deux attestations distinctes sont nécessaires. L'installateur doit fournir au client les documents suivants : attestations Consuel, schémas électriques unifilaires et de position, notices des équipements, certificats de conformité CE, attestation d'assurance décennale.

Assurances professionnelles

L'installateur doit disposer des assurances obligatoires :

Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) : Couvre les dommages causés à des tiers pendant et après l'installation. Montant de garantie recommandé : 2-5 millions d'euros. Prime annuelle : 800-2 000 € selon chiffre d'affaires.

Assurance Décennale : Obligatoire pour tous travaux de construction. Couvre les dommages compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination pendant 10 ans. Pour le photovoltaïque : infiltrations, détérioration de la toiture, incendie lié à l'installation. Pour la wallbox : défaut d'installation causant un sinistre. Prime annuelle : 2 000-5 000 € selon activité.

L'attestation d'assurance décennale doit être fournie au client avant le début des travaux. Elle est également nécessaire pour l'obtention des aides (prime autoconsommation, crédit d'impôt).

Droit à la prise en copropriété

Le décret 2020-1720 renforce le droit à la prise pour les copropriétaires et locataires souhaitant installer une borne de recharge :

Procédure simplifiée : Le demandeur notifie le syndic par lettre recommandée avec AR, en joignant un schéma de l'installation, un devis d'un installateur qualifié IRVE, et une description technique. Le syndic dispose de 3 mois pour inscrire la demande à l'ordre du jour de l'assemblée générale. L'absence de réponse vaut acceptation.

Refus possible uniquement si : Impossibilité technique avérée (puissance disponible insuffisante, impossibilité de passage de câbles). Existence d'une infrastructure collective déjà installée. Travaux portant atteinte à la structure du bâtiment.

Financement : Les travaux sont à la charge du demandeur, y compris le passage de câbles dans les parties communes. Le raccordement se fait sur le compteur individuel du demandeur.

Pour une installation photovoltaïque en copropriété, la procédure est plus complexe car elle implique généralement des travaux sur les parties communes (toiture). Une autorisation de l'assemblée générale à la majorité de l'article 25 (majorité des voix) est nécessaire. Certaines copropriétés développent des projets collectifs d'autoconsommation collective, permettant de mutualiser l'investissement et la production.

Guide d'Installation et Bonnes Pratiques

Étapes du projet

Étape 1 : Audit et étude de faisabilité - Visite technique du site : évaluation toiture (surface, orientation, inclinaison, état, masques solaires), analyse tableau électrique (puissance souscrite, emplacement, possibilité d'extension), identification emplacement wallbox (distance tableau, accessibilité, stationnement). Analyse des besoins : consommation électrique annuelle (factures), kilométrage VE et modèle, profil d'occupation (présence journée), objectifs client (autonomie, rentabilité, écologie). Durée : 1-2 heures.

Étape 2 : Dimensionnement et proposition commerciale - Calcul de la puissance PV optimale selon besoins et contraintes. Sélection des équipements (panneaux, onduleur, wallbox, pilotage, batterie optionnelle). Simulation de production et d'autoconsommation avec logiciel professionnel (PVsyst, Archelios). Calcul de rentabilité avec aides applicables. Élaboration devis détaillé avec schémas et plans. Présentation au client et ajustements. Durée : 2-4 heures.

Étape 3 : Démarches administratives - Déclaration préalable de travaux en mairie (si modification aspect extérieur). Demande de raccordement Enedis (formulaire CRAE pour injection surplus). Demande de contrat d'achat EDF OA (si vente surplus). Déclaration CONSUEL (après installation). Constitution dossiers aides (prime autoconsommation, crédit impôt, CEE). Durée : 2-6 semaines selon région.

Étape 4 : Installation photovoltaïque - Préparation chantier et sécurisation (ligne de vie, échafaudage si nécessaire). Pose des rails et crochets de toiture (respect étanchéité). Montage des panneaux et câblage DC. Installation onduleur et protections AC. Câblage vers tableau électrique. Tests et vérifications (continuité, isolement, polarité). Durée : 1-2 jours pour 6-9 kWc.

Étape 5 : Installation wallbox et système de pilotage - Tracé et passage câble d'alimentation (gaine ICTA ou IRL). Installation protections au tableau (disjoncteur, différentiel). Fixation wallbox et raccordement. Installation pinces ampérométriques ou liaison Modbus avec onduleur. Configuration système de pilotage et paramétrage modes. Tests de recharge et vérification sécurités. Durée : 0,5-1 jour.

Étape 6 : Mise en service et formation client - Mise en service complète du système. Configuration application mobile et création compte client. Formation utilisation wallbox et modes de recharge. Explication monitoring et interprétation données. Remise documentation complète (notices, schémas, attestations, garanties). Durée : 1-2 heures.

Étape 7 : Finalisation administrative - Transmission attestation CONSUEL. Activation contrat d'achat EDF OA. Demande versement prime autoconsommation. Suivi dossiers aides (crédit impôt, CEE). Durée : 2-8 semaines.

Checklist pré-installation

Avant de démarrer le chantier, vérifiez systématiquement :

Documents et autorisations

  • Déclaration préalable de travaux obtenue (si applicable)
  • Accord copropriété (si applicable)
  • Assurances à jour (RC Pro, décennale)
  • Contrat signé avec acompte encaissé

Matériel et équipements

  • Tous les composants livrés et vérifiés (panneaux, onduleur, structure, wallbox, protections)
  • Certificats de conformité CE disponibles
  • Notices en français
  • Outillage spécifique (sertisseuse MC4, pince ampérométrique, multimètre, testeur d'isolement)

Sécurité

  • Équipements de protection individuelle (harnais, casque, gants, chaussures sécurité)
  • Ligne de vie ou échafaudage si toiture > 3 mètres
  • Balisage chantier et signalisation
  • Conditions météo favorables (pas de pluie, vent < 40 km/h)

Site

  • Accès toiture sécurisé
  • Emplacement stockage matériel protégé
  • Tableau électrique accessible et espace disponible
  • Emplacement wallbox validé avec client
  • Connexion internet disponible (pour configuration)

Erreurs courantes à éviter

Sous-dimensionnement de l'installation PV : Ne pas prendre en compte les besoins du VE dans le calcul initial. Résultat : taux d'autoconsommation décevant, dépendance au réseau. Solution : toujours dimensionner en intégrant la consommation VE, même si le véhicule n'est pas encore acheté (anticiper).

Wallbox non compatible smart charging : Choisir une wallbox basique sans connectivité ni pilotage. Résultat : impossibilité d'optimiser la recharge solaire, recharge à puissance fixe. Solution : privilégier systématiquement les wallbox connectées avec API ou protocole standard.

Absence de délestage dynamique : Ne pas prévoir de système de délestage sur une installation avec puissance souscrite limitée. Résultat : disjonctions fréquentes quand recharge VE + autres consommations. Solution : intégrer systématiquement le délestage, surtout pour abonnements 6-9 kVA.

Mauvaise section de câble wallbox : Utiliser une section insuffisante pour la distance. Résultat : chute de tension, échauffement, risque incendie. Solution : respecter strictement les sections réglementaires et augmenter si distance > 20 mètres.

Protection différentielle inadaptée : Utiliser un Type A au lieu d'un Type F. Résultat : déclenchements intempés par courants DC résiduels. Solution : Type F obligatoire ou Type A avec protection DC intégrée à la wallbox.

Absence de mesure de production : Installer une wallbox avec pilotage solaire sans moyen de mesurer la production. Résultat : pilotage inefficace ou impossible. Solution : pinces ampérométriques ou liaison Modbus avec onduleur obligatoires.

Promesses irréalistes : Annoncer 100 % de recharge solaire à un client salarié absent en journée. Résultat : déception, litige. Solution : communiquer des taux réalistes selon le profil (40-50 % pour absence journée, 60-70 % pour présence).

Négliger la formation client : Installer le système sans expliquer le fonctionnement. Résultat : mauvaise utilisation, non-optimisation, insatisfaction. Solution : prévoir systématiquement 1-2 heures de formation avec démonstration pratique.

Optimisation de l'autoconsommation

Pour maximiser le taux d'autoconsommation solaire, conseillez à vos clients :

Adapter les habitudes de recharge : Brancher le véhicule dès le retour à domicile, même si la batterie n'est pas vide. Privilégier la recharge en journée quand le soleil brille (télétravail, week-end). Utiliser le mode surplus pur en été, mode mixte en hiver.

Programmer les autres consommations : Décaler lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge en journée (heures de production solaire). Utiliser les programmateurs ou prises connectées. Chauffer ballon d'eau chaude en journée avec surplus solaire.

Surveiller et ajuster : Consulter régulièrement l'application de monitoring. Analyser les statistiques mensuelles (taux solaire, surplus injecté). Ajuster les modes de recharge selon les saisons et les besoins.

Anticiper les besoins : Définir un niveau de charge minimum (par exemple 50 %) pour garantir l'autonomie quotidienne. Utiliser le mode rapide la veille d'un long trajet. Profiter des prévisions météo intégrées (si disponibles).

Maintenance et entretien

Installation photovoltaïque : Nettoyage panneaux 1 fois/an (eau claire, pas de produits abrasifs) si salissures importantes. Vérification visuelle connexions et câblages 1 fois/an. Contrôle onduleur (voyants, messages erreur) mensuel. Maintenance préventive professionnelle tous les 3-5 ans (serrage connexions, test isolement, thermographie).

Wallbox : Nettoyage extérieur régulier (chiffon humide). Vérification câble (usure, coupures) avant chaque utilisation. Test bouton arrêt d'urgence 1 fois/mois. Mise à jour firmware selon recommandations fabricant. Maintenance professionnelle tous les 2-3 ans (vérification protections, serrage connexions).

Batterie de stockage (si présente) : Surveillance état de santé (SOH) via application. Maintien température ambiante 15-25°C. Pas d'intervention client (système scellé). Maintenance professionnelle annuelle. Remplacement prévu après 10-15 ans (selon utilisation).

Proposez à vos clients un contrat de maintenance annuel incluant visite préventive, nettoyage panneaux, vérifications réglementaires, et assistance téléphonique. Tarif indicatif : 150-300 €/an selon installation.

Questions Fréquentes

Peut-on recharger son véhicule électrique à 100 % au solaire ?

Techniquement oui, mais en pratique c'est rare sur l'année entière. Pour atteindre 100 % de recharge solaire, il faudrait : un véhicule présent en permanence pendant les heures d'ensoleillement, une installation photovoltaïque largement surdimensionnée, et des conditions météo idéales toute l'année. En réalité, les taux atteignables sont de 60-70 % pour un télétravailleur sans batterie, et 75-85 % avec une batterie de stockage. En hiver, même avec une installation optimale, le complément réseau est indispensable. L'objectif réaliste est de maximiser l'autoconsommation solaire tout en garantissant la disponibilité du véhicule.

Que se passe-t-il la nuit ou par mauvais temps ?

Le système bascule automatiquement sur le réseau électrique. C'est l'un des avantages majeurs du système hybride (solaire + réseau) : la recharge est garantie en toutes circonstances. Avec un smart charging bien configuré, le système peut même optimiser la recharge nocturne en profitant des heures creuses (tarif réduit). Si vous disposez d'une batterie de stockage, elle peut fournir l'énergie accumulée en journée pour la recharge en soirée, réduisant ainsi le recours au réseau. En pratique, l'utilisateur ne voit aucune différence : il branche son véhicule et la recharge se fait automatiquement, avec le maximum d'énergie solaire disponible.

Faut-il une batterie de stockage ?

Non, la batterie n'est pas indispensable mais elle améliore significativement le taux d'autoconsommation, surtout si le véhicule est absent en journée. Sans batterie, un salarié travaillant en bureau atteindra 20-30 % de recharge solaire. Avec une batterie de 10 kWh, ce taux peut monter à 50-60 %. Cependant, le surcoût d'une batterie (8 000-10 000 €) rallonge considérablement le temps de retour sur investissement (15-25 ans au lieu de 10-15 ans). La batterie se justifie surtout si vous recherchez l'autonomie énergétique maximale, une résilience face aux coupures réseau, ou si vous bénéficiez d'aides spécifiques. Pour la plupart des installations, un bon dimensionnement PV et un smart charging efficace suffisent.

Quelle puissance de wallbox choisir ?

Pour la majorité des installations résidentielles, une wallbox 7,4 kW monophasée est le meilleur choix. Elle permet de recharger complètement une batterie de 50 kWh en 7 heures (une nuit), ce qui est largement suffisant pour un usage quotidien. Elle est compatible avec tous les compteurs monophasés standard et sa consommation correspond au surplus photovoltaïque disponible en journée (une installation de 6 kWc peut fournir 4-5 kW en pleine production). Une wallbox 11 kW triphasée se justifie pour les gros rouleurs (> 25 000 km/an), les véhicules avec grosse batterie (> 70 kWh), ou si vous disposez déjà d'un compteur triphasé. La 22 kW est réservée aux cas spécifiques (flottes, véhicules compatibles) et pose des problèmes de délestage.

Combien de panneaux solaires faut-il pour recharger un véhicule électrique ?

Cela dépend de votre kilométrage annuel et de votre consommation domestique. Pour un véhicule parcourant 15 000 km/an (consommation 16 kWh/100 km = 2 400 kWh/an) et une maison consommant 4 500 kWh/an, il faut viser une production de 4 000-5 000 kWh/an pour couvrir 60 % des besoins en autoconsommation. Cela correspond à une installation de 6 kWc, soit 15 panneaux de 400 Wc, occupant environ 75 m² de toiture. Pour 20 000 km/an, visez 9 kWc (22 panneaux, 110 m²). Attention : ces calculs intègrent la consommation totale du foyer. Si vous dimensionnez uniquement pour le véhicule, 3-4 kWc suffisent pour 15 000 km/an, mais le taux d'autoconsommation sera plus faible.

Peut-on installer une wallbox sur une installation photovoltaïque existante ?

Oui, absolument. C'est même une excellente façon de valoriser une installation existante qui injecte beaucoup de surplus sur le réseau. Il suffit d'installer une wallbox compatible smart charging et de la connecter au système de monitoring de l'onduleur (via WiFi, Modbus, ou pinces ampérométriques). Aucune modification de l'installation PV n'est nécessaire. Le système de pilotage mesurera le surplus disponible et ajustera automatiquement la recharge. Investissement : 1 000-1 500 € pour la wallbox et le pilotage. Si votre installation PV est sous-dimensionnée pour vos nouveaux besoins (VE + maison), vous pouvez envisager une extension (ajout de panneaux), sous réserve de compatibilité de l'onduleur et de capacité de toiture.

Quelle est la durée de vie d'une installation de recharge solaire ?

Les panneaux photovoltaïques ont une durée de vie de 25-30 ans avec une garantie de performance de 80-85 % à 25 ans. L'onduleur dure 10-15 ans et devra être remplacé une fois (coût 1 000-2 000 €). La wallbox a une durée de vie de 10-15 ans selon utilisation. La batterie de stockage (si présente) dure 10-15 ans et devra être remplacée (coût 5 000-7 000 €). Sur 25 ans, prévoyez donc : un remplacement d'onduleur, un remplacement de wallbox, et un remplacement de batterie (si applicable). Malgré ces remplacements, la rentabilité globale reste excellente grâce aux économies cumulées sur la durée.

Peut-on recharger plusieurs véhicules avec une installation photovoltaïque ?

Oui, mais cela nécessite un dimensionnement adapté et une gestion intelligente de la charge. Pour deux véhicules parcourant chacun 15 000 km/an, il faut ajouter 2 400 kWh/an par véhicule, soit 4 800 kWh/an au total. Avec la consommation maison, visez une installation de 12-15 kWc. Côté infrastructure, deux options : deux wallbox indépendantes (coût plus élevé mais flexibilité maximale), ou un système de gestion de charge multi-bornes qui répartit intelligemment la puissance disponible entre les deux véhicules. Attention à la puissance souscrite : deux wallbox 7,4 kW = 14,8 kW, nécessitant un abonnement 15-18 kVA. Le délestage dynamique devient indispensable.

Quelles sont les économies réelles sur 10 ans ?

Pour une installation type 6 kWc + wallbox (investissement net 8 000 € après aides), avec 15 000 km/an et un taux solaire de 60 %, les économies cumulées sur 10 ans sont d'environ 8 500 € (recharge VE + autoconsommation maison + revente surplus). L'installation est donc amortie en 9-10 ans. Sur 25 ans, le gain total atteint 20 000-25 000 €. Si vous comparez avec un véhicule thermique (essence), l'économie est encore plus spectaculaire : 15 000 km/an en essence coûte 1 665 €/an (11,1 centimes/km), contre 326 €/an en électrique solaire (2,2 centimes/km), soit 1 339 € d'économie annuelle. Sur 10 ans : 13 390 € d'économie de carburant, largement supérieur au coût de l'installation.

L'installation est-elle rentable en région peu ensoleillée ?

Oui, même dans les régions moins ensoleillées du nord de la France. La production sera réduite de 15-20 % par rapport au sud (900-1 000 kWh/kWc/an contre 1 100-1 200 kWh/kWc/an), mais la rentabilité reste intéressante. Le temps de retour passe de 9-10 ans à 11-13 ans. De plus, les régions nordiques bénéficient souvent de tarifs électriques plus élevés, ce qui compense partiellement la moindre production. L'essentiel est d'adapter le dimensionnement : en région peu ensoleillée, augmentez légèrement la puissance installée (+10-15 %) pour compenser. Privilégiez également une orientation plein sud et une inclinaison optimale (35-40°).

Conclusion

La recharge de véhicule électrique avec des panneaux solaires représente une convergence idéale entre mobilité durable et autoconsommation énergétique. Cette synergie offre des avantages considérables : réduction drastique du coût au kilomètre (divisé par 2 à 4), optimisation du taux d'autoconsommation (50-70 % selon configuration), indépendance vis-à-vis des fluctuations tarifaires, et empreinte carbone minimale.

Pour les installateurs photovoltaïques, c'est une opportunité majeure de diversification et de valeur ajoutée. La maîtrise du dimensionnement, le choix des équipements adaptés, et la mise en œuvre d'un smart charging efficace sont les clés du succès. La qualification IRVE P2 devient un atout commercial déterminant pour se positionner sur ce marché en forte croissance.

Points clés à retenir

Dimensionnement : Intégrez systématiquement les besoins du véhicule électrique dans le calcul de puissance PV. Visez 6-9 kWc pour 15 000 km/an, 9-12 kWc pour 20 000 km/an.

Wallbox : Privilégiez les modèles connectés avec smart charging intégré ou compatible. La puissance 7,4 kW monophasée est le meilleur compromis pour la majorité des installations.

Pilotage : Le smart charging est indispensable pour optimiser l'autoconsommation. Prévoyez une communication fiable avec l'onduleur (Modbus ou pinces ampérométriques).

Batterie : Non indispensable mais intéressante pour les profils absents en journée. Évaluez le rapport coût/bénéfice avec le client.

Attentes réalistes : Communiquez des taux d'autoconsommation réalistes selon le profil : 40-50 % pour absence journée, 60-70 % pour présence, 75-85 % avec batterie.

Rentabilité : Temps de retour 9-13 ans sans batterie, 16-24 ans avec batterie. Gain sur 25 ans : 15 000-25 000 € selon configuration.

Perspectives futures

Les technologies émergentes vont encore améliorer l'intégration entre photovoltaïque et mobilité électrique :

Vehicle-to-Grid (V2G) : La batterie du véhicule devient une unité de stockage bidirectionnelle, capable de restituer l'énergie au réseau ou à la maison. Cette technologie, déjà opérationnelle sur certains modèles (Nissan Leaf, Mitsubishi Outlander PHEV), permettra d'optimiser encore davantage l'autoconsommation et de valoriser la batterie du VE comme stockage domestique.

Vehicle-to-Home (V2H) : Variante du V2G, le V2H permet d'alimenter la maison avec la batterie du véhicule en cas de coupure réseau ou pendant les heures de pointe tarifaire. Cela transforme le VE en batterie de secours domestique, augmentant considérablement la résilience énergétique.

Intelligence artificielle : Les systèmes de gestion d'énergie intègrent de plus en plus d'IA pour prédire les besoins, optimiser les stratégies de recharge selon les prévisions météo et les habitudes de déplacement, et maximiser les économies en jouant sur les tarifs dynamiques.

Autoconsommation collective : Le développement de l'autoconsommation collective en copropriété ou en quartier permettra de mutualiser production solaire et infrastructures de recharge, réduisant les coûts et améliorant l'accessibilité.

Appel à l'action

En tant qu'installateur photovoltaïque, vous êtes en première ligne pour accompagner la transition énergétique et la mobilité durable. La recharge solaire de véhicules électriques représente une opportunité de marché considérable : plus de 300 000 VE immatriculés en 2026, et une croissance exponentielle prévue dans les années à venir.

Pour saisir cette opportunité :

Formez-vous : Obtenez la qualification IRVE P2 pour installer des bornes avec smart charging. Formez-vous aux systèmes de gestion d'énergie et aux protocoles de communication (Modbus, OCPP).

Communiquez : Intégrez la recharge solaire dans votre offre commerciale. Sensibilisez vos clients aux bénéfices de cette synergie. Proposez des simulations personnalisées avec calculs de rentabilité.

Innovez : Proposez des offres packagées (PV + wallbox + pilotage) avec financement intégré. Développez des partenariats avec des concessionnaires automobiles. Anticipez les technologies futures (V2G, V2H).

Accompagnez : Ne vous contentez pas d'installer, accompagnez vos clients dans l'optimisation de leur autoconsommation. Proposez des contrats de maintenance et un suivi personnalisé.

La recharge solaire de véhicules électriques n'est pas seulement une solution technique, c'est un projet de vie durable qui combine économies, écologie et autonomie. En maîtrisant cette expertise, vous devenez un acteur clé de la transition énergétique et vous positionnez sur un marché d'avenir en pleine expansion.

Cas Pratiques et Exemples Concrets

Cas 1 : Télétravailleur, 15 000 km/an

Profil client : Céline, 38 ans, télétravaille 4 jours par semaine. Maison individuelle 120 m², toiture sud 45 m² disponibles, inclinaison 35°. Véhicule : Peugeot e-208 (50 kWh), consommation 15 kWh/100 km. Kilométrage : 15 000 km/an. Consommation maison : 4 500 kWh/an (hors chauffage gaz).

Besoins énergétiques : VE : 15 000 × 0,15 = 2 250 kWh/an. Total : 4 500 + 2 250 = 6 750 kWh/an.

Solution proposée : Installation 6 kWc (15 panneaux 400 Wc), production 6 600 kWh/an. Onduleur Huawei SUN2000-6KTL-L1 avec monitoring. Wallbox Hager Witty 7,4 kW avec pilotage solaire intégré. Pas de batterie (véhicule présent en journée).

Performance attendue : Taux autoconsommation VE : 60 % (1 350 kWh solaire, 900 kWh réseau). Taux autoconsommation maison : 45 % (2 025 kWh). Autoconsommation totale : 50 % (3 375 kWh). Surplus injecté : 3 225 kWh (revente 0,13 €/kWh = 419 €/an).

Investissement : PV 6 kWc : 8 400 €. Wallbox : 1 100 €. Total : 9 500 € TTC. Aides : prime autoconsommation 1 380 € + crédit impôt 300 € + CEE 350 € = 2 030 €. Net : 7 470 €.

Économies annuelles : Recharge VE : (2 250 × 0,19) - [(1 350 × 0,10) + (900 × 0,19)] = 428 - 306 = 122 €. Autoconsommation maison : 2 025 × (0,26 - 0,10) = 324 €. Revente surplus : 419 €. Total : 865 €/an.

Rentabilité : Temps de retour : 7 470 ÷ 865 = 8,6 ans. Gain sur 25 ans (durée de vie PV) : (865 × 25) - 7 470 = 14 155 €.

Retour client : Après 6 mois d'utilisation, Céline est très satisfaite. Taux solaire réel : 58 % (légèrement inférieur aux prévisions en raison d'un hiver peu ensoleillé). Elle apprécie particulièrement le pilotage automatique : le véhicule se recharge en journée quand elle travaille à domicile, sans intervention. Coût de recharge moyen : 0,025 €/km contre 0,11 €/km avec son ancien véhicule essence.

Cas 2 : Couple actif, 20 000 km/an, avec batterie

Profil client : Marc et Sophie, 45 et 42 ans, tous deux salariés absents en journée. Maison 150 m², toiture sud-ouest 60 m², inclinaison 30°. Véhicule : Tesla Model 3 Long Range (75 kWh), consommation 16 kWh/100 km. Kilométrage : 20 000 km/an. Consommation maison : 5 500 kWh/an. Objectif : maximiser l'autonomie énergétique.

Besoins énergétiques : VE : 20 000 × 0,16 = 3 200 kWh/an. Total : 5 500 + 3 200 = 8 700 kWh/an.

Solution proposée : Installation 9 kWc (22 panneaux 410 Wc), production 9 900 kWh/an. Onduleur hybride SolarEdge StorEdge 8 kW. Batterie LG Chem RESU 10H (9,8 kWh utiles). Wallbox Easee Home 11 kW triphasée avec délestage dynamique. Système de gestion d'énergie intégré.

Performance attendue : Taux autoconsommation VE : 70 % (2 240 kWh solaire via batterie, 960 kWh réseau). Taux autoconsommation maison : 75 % (4 125 kWh). Autoconsommation totale : 73 % (6 365 kWh). Surplus injecté : 3 535 kWh (revente 460 €/an).

Investissement : PV 9 kWc : 13 500 €. Onduleur hybride (surcoût) : +800 €. Batterie 10 kWh : 8 500 €. Wallbox 11 kW : 1 600 €. Total : 24 400 € TTC. Aides : prime autoconsommation 2 070 € + crédit impôt 300 € + CEE 500 € = 2 870 €. Net : 21 530 €.

Économies annuelles : Recharge VE : (3 200 × 0,19) - [(2 240 × 0,10) + (960 × 0,19)] = 608 - 406 = 202 €. Autoconsommation maison : 4 125 × (0,26 - 0,10) = 660 €. Revente surplus : 460 €. Total : 1 322 €/an.

Rentabilité : Temps de retour : 21 530 ÷ 1 322 = 16,3 ans. Gain sur 25 ans : (1 322 × 25) - 21 530 = 11 520 € (en tenant compte du remplacement batterie à 15 ans : -6 000 €, gain net 5 520 €).

Retour client : Après 1 an, Marc et Sophie sont enchantés de leur autonomie énergétique. La batterie stocke le surplus de journée et alimente la maison en soirée, puis la recharge du véhicule démarre automatiquement vers 22h (heures creuses) en complétant avec le réseau si nécessaire. Taux solaire réel : 68 %. Ils ont évité plusieurs coupures de courant grâce au mode backup de la batterie. Satisfaction : 9/10, seul bémol le coût initial élevé.

Cas 3 : Ajout wallbox sur installation PV existante

Profil client : Jean, 52 ans, a installé 6 kWc de panneaux photovoltaïques en 2022. Il vient d'acquérir une Renault Zoé et souhaite optimiser la recharge avec son installation existante. Consommation maison : 4 200 kWh/an. Production PV : 6 300 kWh/an. Taux autoconsommation actuel : 35 % (surplus largement injecté).

Besoins VE : 12 000 km/an × 17 kWh/100 km = 2 040 kWh/an.

Solution proposée : Wallbox Zappi myenergi 7,4 kW (spécialisée recharge solaire). Pinces ampérométriques pour mesure production et consommation. Configuration mode éco+ (surplus pur) en journée + mode éco (mixte) en soirée. Pas de modification de l'installation PV.

Performance attendue : Taux autoconsommation VE : 55 % (Jean est retraité, véhicule souvent présent). Nouveau taux autoconsommation global : 60 % (contre 35 % avant). Surplus injecté réduit de 4 095 kWh à 2 520 kWh.

Investissement : Wallbox Zappi : 1 050 €. Pinces : 180 €. Installation : 350 €. Total : 1 580 € TTC. Aides : crédit impôt 300 € + CEE 300 € = 600 €. Net : 980 €.

Économies annuelles : Recharge VE : (2 040 × 0,19) - [(1 122 × 0,10) + (918 × 0,19)] = 388 - 287 = 101 €. Autoconsommation maison supplémentaire : (60 % - 35 %) × 4 200 × (0,26 - 0,10) = 168 €. Perte revente surplus : (4 095 - 2 520) × 0,13 = -205 €. Total : 101 + 168 - 205 = 64 €/an.

Rentabilité : Temps de retour : 980 ÷ 64 = 15,3 ans. Rentabilité limitée car Jean bénéficiait d'un bon tarif de rachat (0,13 €/kWh). L'intérêt est surtout dans le confort (recharge à domicile) et l'écologie (maximisation autoconsommation).

Retour client : Jean apprécie la simplicité du système Zappi. Le mode éco+ fonctionne parfaitement : le véhicule se recharge automatiquement quand le soleil brille. Il a ajusté ses habitudes : il branche systématiquement le véhicule en rentrant de courses le matin, et la recharge se fait naturellement dans la journée. Taux solaire réel : 52 %. Il regrette de ne pas avoir anticipé cet usage lors de l'installation PV initiale (il aurait dimensionné à 9 kWc).

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